Archives de l’auteur

30 août 2013 – L’épandage aérien suspendu jusqu’à nouvel ordre

Written by Jos. Posted in RÉGIONALES

epandage-stop

 

Les magistrats du tribunal administratif de Fort de France ont décidé de suspendre l’épandage aérien pour lutter contre la cercosporiose noire dans la banane. L’épandage était pourtant autorisé par l’état le 26 février dernier. Le président de la chambre d’agriculture craint le pire…

« Le préfet n’a pas retenu la règle relative au principe de précaution », argumentaient les avocats des opposants à l’épandage aérien. Les mêmes avocats qui ont expliqué aux magistrats du tribunal administratif de Fort de France, le 23 août dernier, qu’ils devaient s’appuyer sur la décision du tribunal de Basse-Terre qui lui-même a tenu compte du rapport du sénat.

Les sénateurs ont estimé en substance que l’épandage aérien présente un risque pour la santé, le tribunal administratif de Fort de France a adopté une position similaire à celui de Basse-Terre. Les magistrats décident de suspendre l’autorisation accordée  aux planteurs de bananes par le préfet le 26 avril dernier. La requête avait été déposée par l‘ assaupamar et l’association pour la sauvegarde de l’environnement et la santé. L’état est condamné à verser à ces deux associations la somme de 1000€ au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Le président de la chambre d’agriculture déclare que le tribunal administratif prend le risque de la disparition de la banane à la Martinique, y compris de la banane utilisée en légume.

sur MARTINIQUE  1ERE, Joseph Nodin   le 30/08/2013

pour en savoir plus:

 « Chlordécone aux Antilles », Bulletin de Veille Sanitaire, avril 2012

  « Les Antilles malades du chlordécone », Alternatives Economiques,  septembre 2013

 

Pourquoi cette alerte, au printemps 2013, sur les dangers des pesticides ?

Written by Jos. Posted in l'appel de mars

Médecins, nous savons,  depuis longtemps,  les dangers des pesticides pour la santé, en  particulier celle des agriculteurs, des personnels des espaces verts, et celle des riverains des zones d’épandage. Mais nous savons aussi, maintenant, que toute la population est concernée, avec un risque fortement majoré pour les femmes enceintes et les enfants.

Depuis trente ans les études épidémiologiques s’accumulent , apportant régulièrement des confirmations de toxicité, annonciatrices d’une possible catastrophe sanitaire .

Pour autant, nous ne sommes pas enclins à prendre  publiquement et collectivement la parole pour lancer des alertes sanitaires. Ce n’est pas dans notre culture médicale, et c’est tout à fait dommageable.

Mais, en ce début 2013, quelques-uns d’entre nous, mieux informés et sensibilisés, ont pressenti que nous devions, ensemble, alerter l’opinion et tenter de convaincre les décideurs qu’il y a urgence.

En effet la règlementation européenne concernant les pesticides et les biocides a été modifiée et prévoit notamment l’interdiction des pesticides perturbateurs endocriniens (PE). Il s’agit d’une avancée considérable à condition que la définition du PE, et donc les tests réglementaires retenus pour ce faire, tiennent compte des recommandations de la communauté scientifique, et pas seulement des industriels.

Il se confirme qu’un grand nombre de ces produits sont des PE, qui ont une toxicité chronique à des doses très faibles, bien inférieures aux doses journalières admissibles ( DJA) actuelles. Et l’on sait que les industriels  ne veulent pas de réglementation plus stricte sur les pesticides.

Lancé en mars, cet appel est venu opportunément appuyer  la campagne nationale de sensibilisation de la « semaine pour les alternatives aux pesticides ». Il a rapidement trouvé un large écho auprès des médecins limousins, qui sont actuellement plus de 150 à avoir signé solidairement cette déclaration. C’est un premier pas.

Jusqu’à présent, l’appel s’est volontairement limité à notre région, les signataires faisant le constat qu’en Limousin, comme partout ailleurs, l’usage des pesticides est largement répandu et qu’il y a, localement aussi, une campagne de sensibilisation à mener.

 

Pesticides: effets sur la santé, une expertise collective de l’inserm -juin 2013

Written by Jos. Posted in le rapport de l'inserm

L’article ci-dessous fait une synthèse du rapport de l’INSERM. Accès au texte intégral du rapport en bas de page.

AVANT-PROPOS

SYNTHESE

Notions générales-
Sources d’exposition
Imprégnation des populations
Effets sur la santé
Pesticides et cancers
Pesticides et maladies neuro-dégénératives
Pesticides, grossesse et développement de l’enfant
Pesticides et cancer de l’enfant
Pesticides et infertilité


RECOMMANDATIONS

Améliorer les connaissances sur l’exposition des populations
Rechercher le lien entre exposition et pathologies

AVANT-PROPOS

Une large utilisation des pesticides depuis plusieurs décennies a conduit à leur dissémination dans tous les milieux de l’environnement et pour certains à une persistance sur le long terme.

En effet, de nombreuses données attestent de leur présence dans les fluides biologiques des populations humaines, même après leur interdiction pour les plus persistants. La question des effets des pesticides sur la santé suscite des inquiétudes dans l’opinion publique et constitue une préoccupation inscrite depuis plusieurs années dans l’agenda politique. Plusieurs rapports parlementaires ont récemment alimenté le débat. La question se pose de manière encore plus cruciale chez les exploitants agricoles et tous les professionnels qui sont amenés à manipuler, parfois massivement, de nombreuses substances, tout au long de leur carrière. Même si la disponibilité et l’utilisation des pesticides sont encadrées par des réglementations, la question du risque demeure présente.

Depuis les années 1980, les enquêtes épidémiologiques s’appuyant en particulier sur les observations réalisées dans des cohortes de sujets exposés professionnellement ont évoqué l’implication de pesticides dans plusieurs pathologies, en particulier des pathologies cancéreuses, des maladies neurologiques et des troubles de la reproduction. Par ailleurs, des travaux de recherche ont attiré l’attention sur les effets éventuels d’une exposition même à faible intensité lors de périodes sensibles du développement (in utero et pendant l’enfance).

Dans ce contexte, la Direction générale de la santé a sollicité l’Inserm pour effectuer un bilan de la littérature scientifique permettant de fournir des arguments sur les risques sanitaires associés à l’exposition aux pesticides, en particulier dans le secteur agricole et sur les effets d’une exposition précoce chez le foetus et le jeune enfant.

Pour répondre à cette demande, l’Inserm s’est appuyé sur un groupe pluridisciplinaire d’experts constitué d’épidémiologistes spécialistes de l’environnement ou de la santé au travail et de biologistes spécialistes de la toxicologie cellulaire et moléculaire.

Le groupe d’experts a structuré son analyse en trois parties :l’expologie (lien entre la présence d’une substance toxique dans l’environnement et l’apparition du dommage), l’épidémiologie et la toxicologie. La partie I de cette expertise présente les notions générales concernant les pesticides, leurs principales utilisations en France, les sources d’exposition, et les problématiques liées aux mesures de l’exposition dans les études épidémiologiques.

Elle a pour objectif de fournir les clés de compréhension pour la lecture de la partie II consacrée à l’analyse des données épidémiologiques étudiant le lien entre la survenue de certaines pathologies et l’exposition aux pesticides.

Elles concernent chez l’adulte,

huit localisations cancéreuses : (lymphomes non hodgkiniens, leucémies, myélomes multiples, maladie de Hodgkin, cancer de la prostate, cancer du testicule,  mélanomes malins et tumeurs cérébrales),

trois pathologies neurodégénératives : (maladie de Parkinson, sclérose latérale amyotrophique et maladie d’Alzheimer),

les troubles cognitifs et anxiodépressifs

ainsi que les effets sur la fonction de reproduction.

Sont également abordés les impacts d’une exposition aux pesticides sur le déroulement de la grossesse, le développement de l’enfant  et de certains cancers pédiatriques.

Le bilan de la littérature épidémiologique s’est attaché à rechercher les familles chimiques et les substances actives pour lesquelles des risques spécifiques avaient été analysés et qui pourraient être potentiellement impliquées dans ces différentes pathologies.

Enfin, le groupe d’experts a tenté d’apporter un éclairage supplémentaire sur les hypothèses mécanistiques venant à l’appui des associations mises en évidence, sur l’existence de populations plus particulièrement vulnérables et sur les effets des mélanges de pesticides qui pourraient se rapprocher des conditions réelles d’exposition des populations.

 

SYNTHESE

 

Notions générales – utilisation des pesticides

 

Du  latin,  Pestis  (fléau)  et  Caedere  (tuer),  le  terme  pesticide  regroupe  de  nombreuses substances  très  variées  agissant  sur  des  organismes  vivants  (insectes,  vertébrés,  vers, plantes, champignons, bactéries) pour les détruire, les contrôler ou les repousser.Il existe une très grande hétérogénéité de pesticides (environ 1 000 substances actives ont déjà  été  mises  sur  le  marché,  entre hier et aujourd’hui, actuellement  309  substances phytopharmaceutiques  sont  autorisées  en  France).  Ils  divergent  selon  leurs  cibles,  leurs modes d’actions, leur classe chimique ou encore leur persistance dans l’environnement.

–  Cibles : on distingue les herbicides, les fongicides, les insecticides…

– Il existe près de 100 familles chimiques de pesticides : organophosphorés, organochlorés, carbamates, pyréthrinoïdes, triazines… (tableau 1)

–  Il  existe  près  de  10  000  formulations  commerciales  composées  de  la  matière  active  et d’adjuvants  et  qui  se  présentent  sous  différentes  formes  (liquides,  solides :  granulés, poudres,..).

–  La  rémanence  des pesticides dans l’environnement peut varier  de  quelques  heures  ou jours  à  plusieurs  années.  Ils  sont  transformés  ou  dégradés  en  nombreux  métabolites.

Certains, comme les organochlorés persistent pendant des années dans l’environnement et se retrouvent dans la chaine alimentaire.

Dans  l’expertise,  le  terme  pesticide  représente  l’ensemble  des  substances  actives, indépendamment des définitions réglementaires.

En  France,  peu  de  données  quantitatives  par type d’usages  sont  accessibles.  La  majeure partie  des  tonnages  (90%)  est  utilisée  pour les besoins de l’agriculture,  mais  d’autres secteurs  professionnels  sont  concernés :  entretiens  des  voiries,  jardins  et  parcs ;  secteur industriel (fabrication, traitement du bois,…) ;  usage  en  santé  humaine  et  vétérinaire,  lutte anti-vectorielle  (moustique),  dératisations  …Il  faut  ajouter  à  cette  liste  les  usages domestiques (plantes, animaux, désinsectisation, jardinage, bois).

En  France,  les fongicides  représentent  près  de  la  moitié  des  tonnages. 80%  des  tonnages de  pesticides  sont  utilisés  pour  un traitement  des  céréales  à  paille,  maïs,  colza,  vigne.  Les plus vendus ont comme principe actif le soufre ou le glyphosate.

Sources d’exposition aux pesticides

 

L’exposition aux pesticides peut se produire directement dans le cadre de leur fabrication ou de leur utilisation professionnelle ou domestique, mais aussi indirectement par l’air, le contact de surfaces contaminées ou la consommation des eaux et denrées alimentaires. Selon les circonstances, ce sont soit des populations professionnellement exposées, soit la population générale qui seront concernées.

Dans le secteur agricole, les sources potentielles de contamination sont nombreuses et difficilement quantifiables.

Plusieurs études ont montré que l’usage des équipements de protection individuelle (EPI) ne garantit pas une protection absolue de l’opérateur et qu’il existe des différences majeures d’exposition entre individus indépendamment de l’usage d’EPI.

Le nombre de personnes concernées par des expositions non professionnelles, liées à des activités et usages domestiques ou à une exposition environne-mentale (résidence au voisinage de zones traitées par des pesticides, contamination du sol, de l’air extérieur et à l’intérieur de la résidence), et de l’alimentation est, sans conteste, plus important encore.

Enfin, les travaux dans les champs traités, tâches dites de ré-entrée, ont été peu étudiés alors que le risque d’exposition est potentiellement élevé : fréquence de ces tâches dans certaines cultures (viticulture, arboriculture), moindre conscience  du risque, absence de protection individuelle.

En population générale, la voie respiratoire est relativement peu étudiée. Il n’existe pas de recueil systématique et exhaustif des pesticides présents dans l’air extérieur. Néanmoins, l’exposition à proximité des lieux d’épandage est considérée comme non négligeable.

 

Estimation de l’imprégnation des populations

 

En Bretagne, une région à forte activité agricole, la cohorte Pélagie a pour objectif de mesurer le niveau d’imprégnation des femmes enceintes aux pesticides et d’étudier leur impact sur le foetus et son développement. Les pesticides recherchés sont des herbicides de la famille des triazines (atrazine, simazine…) et des insecticides organophosphorés d’usage agricole ou non agricole.

Les résultats indiquent la présence de traces de ces pesticides dans la majorité des urines des femmes enceintes (44 molécules identifiées et quantifiées dans 1 à 84 % des échantillons).

Les 10 molécules les plus fréquentes sont des métabolites d’insecticides organophosphorés. Des traces d’atrazine (molécule mère et métabolites) sont trouvées dans les prélèvements d’une minorité de femmes (5 %), reflétant la persistance environnementale des produits de dégradation de l’atrazine (interdite depuis 2003).

 

Exposition aux pesticides et effets sur la santé

 

 Les pesticides sont, par définition, des substances destinées à lutter contre des organismes vivants considérés comme nuisibles  pour d’autres organismes vivants. Ils agissent chimiquement sur des effecteurs qui sont souvent impliqués dans des fonctions vitales ou la reproduction. Ils perturbent la signalisation nerveuse  ou hormonale, la respiration cellulaire, la division cellulaire ou la synthèse de protéines, permettant le contrôle efficace du nuisible.

Autrement dit, un pesticide est toujours un toxique pour la cible pour lequel il a été développé.

Il n’existe pas de pesticide totalement spécifique d’un nuisible.

Les organismes vivants partagent, quel que soit leur rang taxonomique, des processus et mécanismes physiologiques faisant appel à des mécanismes communs. De ce fait, un pesticide, destiné à lutter contre un organisme nuisible, présente un potentiel toxique plus ou moins étendu pour d’autres organismes qu’il ne cible pas. Les pesticides sont, par nature, intrinsèquement dangereux, pour les organismes cibles et à des degrés variables pour les organismes « non cibles ».

De même, comme de nombreux travaux le montrent, il n’existe vraisemblablement pas de spécificité d’effecteur pour un pesticide donné. Un pesticide peut agir, en première intention, sur un effecteur directement relié à l’action recherchée, tout en ayant la capacité d’agir sur d’autres effecteurs. Ces derniers n’étant pas, ou peu impliqués, dans le contrôle du nuisible, sont souvent méconnus ou découverts bien après que le pesticide considéré ait commencé à être employé. Les insecticides organochlorés agissant en première intention sur la transmission du signal nerveux illustrent bien cette situation, leur propriété hormonale ayant été découverte de nombreuses années après le début de leur utilisation.

De par leur emploi, généralement en circuit ouvert, et de par leur capacité à se disperser au-delà de la cible visée, les pesticides constituent un risque pour les organismes « non cibles ».

L’Homme est évidemment concerné, et en premier lieu les utilisateurs de pesticides dans un contexte d’usage professionnel. Des intoxications systémiques, pouvant conduire à la mort, mais aussi des effets allergisants, dermatologiques et respiratoires sont fréquemment rapportés chez les utilisateurs professionnels de pesticides.

Les principales interrogations concernent aujourd’hui les effets à long terme des expositions aux pesticides sur la santé, y compris à des faibles doses d’exposition. Des maladies susceptibles d’être liées à des expositions répétées et chroniques ont été étudiées, principalement dans des populations professionnellement exposées. Les connaissances épidémiologiques sont généralement issues de comparaisons entre, par exemple, les agriculteurs exposés aux pesticides, et la population générale ou différents groupes définis en fonction de leur niveau d’exposition. Plus récemment, des études ont été menées en population générale, potentiellement exposée via l’environnement (la contamination de l’air extérieur, l’habitat en zone rurale, les usages domestiques de pesticides, la consommation d’eau et de denrées alimentaires contaminées) ainsi que parmi des populations dites sensibles (femmes enceintes, nourrissons, jeunes enfants), en particulier lorsque l’exposition a lieu in utero.

Les études épidémiologiques des effets à long terme de l’exposition aux pesticides reposent sur l’évaluation rétrospective des expositions individuelles à des substances ou des familles chimiques, parfois plusieurs dizaines d’années en arrière. Les incertitudes associées à ces évaluations, ainsi que le petit nombre de sujets exposés à chaque substance ou famille, nuisent à la précision des estimations de risque obtenues. Ceci explique la difficulté à aboutir le plus souvent à des conclusions fermes à partir d’une seule étude, ou lorsque les résultats sont apparemment discordants entre études,  et justifient le recours aux méta-analyses.

Pour chacune des pathologies examinées dans cette expertise collective, les résultats de l’analyse des études épidémiologiques sont synthétisés sous forme de tableaux (tableau 2) ; la présomption d’un lien entre l’exposition aux pesticides et la survenue d’une pathologie est appréciée à partir des résultats des études mentionnées en dessous de chacun des tableaux : présomption forte (++), présomption moyenne (+) et présomption faible (±).

retour haut de page

Pesticides et cancers

 

L’expertise collective a ciblé  8  localisations  de  cancer :  4  cancers  hématopoïétiques,  ainsi que  les  cancers  de  la  prostate,  du  testicule,  les  tumeurs  cérébrales  et  les  mélanomes.  La plupart  de  ces  localisations  avaient  été  identifiées  dans  des  méta-analyses  antérieures comme  potentiellement  associées  à  une  exposition  aux  pesticides,  généralement  sans distinction sur les matières actives incriminées.

  • Cancer de la prostate

D’après  les  données  de  la  littérature,  une  augmentation  du  risque  existe  chez  les agriculteurs,  les  ouvriers  d’usines de production de pesticides  et  les  populations  rurales (entre 7 et 28 % selon les populations et les sources ).  La présomption d’un lien entre l’exposition à certaines substances spécifiques et l’excès de risque de cancer de la prostate est forte, comme c’est le cas avec le chlordécone en population générale, le carbofuran,  le coumaphos, le fonofos et la  perméthrine chez les agriculteurs avec antécédents familiaux de cancer de la prostate (tableau 3).  Toutes ces substances  sont  actuellement  interdites d’usage.

  •    Cancers hématopoïétiques

D’après les données de la littérature, une  augmentation  de  risque  de  lymphomes  non hodgkinien (tableau 4) et de myélomes multiples (tableau 5) existe chez les professionnels exposés aux pesticides du  secteur  agricole  et  non  agricole.  Les  pesticides  organophosphorés  et  certains organochlorés  (lindane,  DDT)  sont  suspectés.  Bien  que  les  résultats  soient  moins convergents, un excès de risque de leucémies ne peut être écarté (tableau 6).

Concernant les autres localisations cancéreuses étudiées, l’analyse de l’ensemble des études reste difficile. Plusieurs raisons peuvent être évoquées : une incidence faible (cancer du testicule, tumeurs du cerveau et maladie de Hodgkin) ou l’existence d’un facteur de confusion important (comme par exemple, l’exposition aux ultras violets de la population agricole, facteur de risque reconnu pour le mélanome).

 

Pesticides et maladies neurodégénératives

 

L’expertise collective s’est intéressée a 3 maladies neurodégénératives,  la  maladie  de Parkinson,  la  maladie  d’Alzheimer  et  la  sclérose latérale amyotrophique, ainsi qu’aux troubles cognitifs, qui  pourraient prédire  ou  accompagner certaines pathologies neuro-dégénératives.

  • Maladie de Parkinson

Une augmentation du risque de développer une maladie de Parkinson a été observée chez les  personnes exposées professionnellement aux pesticides.  Un  lien a pu être mis en évidence notamment lors d’une exposition aux insecticides et herbicides. L’association avec les fongicides n’a,  à  ce  jour,  pas été  mise  en  évidence  mais le nombre d’études est nettement moins important (tableau 7).

Quelques travaux sont en faveur d’une augmentation du risque de maladie de Parkinson chez les personnes non exposées professionnellement mais vivant ou travaillant a proximité de champs traités par pesticides, le plus souvent par voie aérienne.

Pour  les  autres  maladies  neurodégénératives,  les  résultats  sont  plus  contrastés.  Par exemple,  dans le cas de la maladie d’Alzheimer, les résultats des études de cohortes sont convergents  pour  révéler  un  excès  de  risque  quand  les  études  cas-témoins  sont  peu robustes.  Quant à la sclérose latérale amyotrophique, trop peu d’études sont disponibles pour conclure.

Par ailleurs, plusieurs revues et une méta-analyse récente concluent à un effet délétère des expositions  professionnelles  aux  pesticides  notamment  aux  organophosphorés  sur  le fonctionnement cognitif. Cet effet serait plus clair en cas d’antécédents d’intoxication aigue.

 

Exposition aux pesticides, grossesse et développement de l’enfant

 

En milieu professionnel, de nombreuses études ont été conduites sur les conséquences d’une exposition aux pesticides non persistants pendant la grossesse, principalement chez des femmes travaillant en milieu agricole ou à l’entretien des jardins, en milieu horticole, dans des serres ou comme vétérinaires. Ces études ont mis en évidence un accroissement du risque de morts foetales et de malformations congénitales. Deux méta-analyses récentes, l’une sur les fentes orales, l’autre sur les hypospadias montrent des excès de risque significatifs de 37 % et 36 % respectivement ( tableau 8).

 

En population générale, l’exposition à des pesticides non persistants résultant de la proximité du lieu de résidence à des zones agricoles ou d’un usage domestique de pesticides a été associée à une augmentation du risque de malformations congénitales, en particulier, des malformations cardiaques, des malformations de la paroi abdominale et des membres ou des anomalies du tube neural. Une étude signale un excès de risque significatif d’hypospadias.

 

Exposition aux pesticides et cancers de l’enfant

 

Les données épidémiologiques concernant le lien entre pesticides et cancers de l’enfant sont nombreuses et ont été rassemblées récemment dans plusieurs méta-analyses, partiellement redondantes car incluant plusieurs études communes. Ces méta-analyses sont principalement consacrées au risque de leucémie en relation avec les expositions professionnelles des parents (2 méta-analyses) ou avec les expositions résidentielles (3 méta-analyses).

Concernant les expositions professionnelles des parents, les conclusions des deux méta-analyses (respectivement 31 et 25 études) sont très proches. lors d’une exposition professionnelle maternelle aux pesticides en période prénatale, le risque de leucémie est significativement augmenté de 60 % pour l’une et de plus de 100 % pour l’autre, plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’insecticides et d’herbicides avec une très faible hétérogénéité entre les études. Le risque concerne plus spécifiquement les leucémies aiguës myéloïdes.

Une des trois méta-analyses (17 études) sur les relations entre l’exposition résidentielle aux pesticides et le risque de leucémie de l’enfant montre une augmentation significative de 54 % du risque de leucémie suite à une exposition aux pesticides pendant la grossesse, en particulier aux insecticides et herbicides.

Un accroissement significatif du risque de leucémie chez l’enfant de 38 % est également associé à l’exposition pendant l’enfance aux pesticides en général et il est plus important (61 %) lors d’une exposition aux insecticides ( tableau 9 ). Il faut noter un niveau d’hétérogénéité élevé lors de l’analyse des expositions pendant la grossesse, qui est réduit lorsque le type de pesticides ou le type de leucémie est pris en compte (risque plus élevé pour les leucémies aiguës lymphoïdes), alors que les études portant sur les risques liés aux expositions pendant l’enfance montrent une bonne homogénéité.

Le rôle de l’exposition professionnelle du père ou de la mère à des pesticides sur le risque de tumeurs cérébrales de l’enfant a été évalué dans une méta-analyse récente (19 études). Elle conclut à une augmentation significative du risque en lien avec une exposition professionnelle de la mère, mais également du père, comparable dans les études cas-témoins (30 %) et dans les études de cohorte (53 %), principalement au cours de la période prénatale, et en lien avec les tumeurs astrogliales, et avec une bonne homogénéité entre les études.

Exposition aux pesticides et infertilité

 

Des effets toxiques sur la spermatogenèse humaine ont été observés, sans ambiguïté, chez les professionnels appliquant différents produits actuellement interdits d’usage. Cependant, d’autres pesticides classés comme toxiques pour la reproduction en catégorie 2 (sur la base de données expérimentales chez l’animal) justifient leur surveillance et la recherche d’effets chez l’homme.

Les résultats des nombreuses études, conduites sur les liens entre fécondité masculine et l’exposition aux pesticides sans distinction précise sur les matières actives ou familles chimiques, sont assez contradictoires. En France, une étude transversale (2009) a été réalisée parmi des hommes consultant pour infécondité du couple, couplée à une estimation de l’exposition professionnelle des pesticides par questionnaire. L’exposition à des pesticides a été retrouvée associée à un risque augmenté, à la limite du seuil de significativité statistique, de présenter des paramètres séminaux en dessous des normes de référence de l’OMS ( tableau 10 ).

retour haut de page

Métabolisme, élimination et mécanismes généraux d’action des pesticides

 

Pour comprendre le mécanisme d’action des pesticides, il est nécessaire de tenir compte des voies métaboliques et de détoxication, qui paradoxalement peuvent parfois conduire à des métabolites plus toxiques que la molécule mère. La toxicité d’un pesticide dépend donc de son mode d’absorption, de ses propriétés chimiques (ex : hydrophobicité), de son métabolisme et de l’élimination des métabolites. Les mécanismes de toxicité des pesticides sont multiples et certains de ces mécanismes sont liés au processus de détoxication lui-même, avec la génération de métabolites très toxiques, la formation de métabolites intermédiaires réactifs pouvant réagir avec des macromolécules cellulaires. L’activité de certains cytochromes P450 peut conduire à la production de dérivés réactifs de l’oxygène (DRO) en favorisant la formation d’adduits à des macromolécules. D’autres mécanismes de toxicité peuvent résulter de l’activation de voies de signalisation multiples impliquées dans la prolifération et la différenciation cellulaire, le développement des organismes et l’homéostasie. Le dysfonctionnement de ces réseaux de gènes pourrait conduire à diverses pathologies (cancers hormonodépendants, diabète, obésité, stérilité…).

Certains pesticides peuvent se fixer sur les récepteurs aux oestrogènes(ER), le récepteur aux androgènes (AR), le récepteur aux rétinoïdes (RAR), les récepteurs activés par les proliférateurs de peroxysomes (PPAR) et le récepteur aux hormones thyroïdiennes (TR). Il s’agit là d’une activation illégitime de ces récepteurs conduisant à une perturbation endocrinienne ou métabolique (par agonisme ou antagonisme).

Plusieurs pesticides ou leurs métabolites sont ainsi considérés comme des perturbateurs endocriniens. Il s’agit là d’une activation illégitime de ces récepteurs conduisant à une perturbation endocrinienne ou métabolique (par agonisme ou antagonisme).

Le tissu adipeux joue potentiellement un double rôle dans la toxicité de polluants organiques persistants (dont certains pesticides organochlorés) en stockant (et ainsi protégeant les autres tissus) mais aussi en les libérant à bas bruit en dehors des périodes d’exposition. Les implications de cette fonction ne sont sans doute pas suffisamment appréciées. De même, le franchissement de la barrière hémato encéphalique par les pesticides et leurs effets sur le développement et le fonctionnement du système nerveux ne sont que très partiellement connus.

 

Mécanismes d’action des pesticides en cancérogenèse

 

Les mécanismes d’action des pesticides en cancérogenèse peuvent être multiples et concerner une altération du matériel génétique, un déséquilibre des processus de survie et de mort cellulaire, la liaison à des récepteurs nucléaires ou hormonaux, la bioactivation métabolique et la génération de stress oxydant.

Synthèse des mécanismes moléculaires

Les pesticides sont utilisés pour perturber la physiologie des organismes jugés parasites en agriculture et perturbent donc légitimement de nombreux processus cellulaires dont certains impliqués en cancérogenèse chez l’Homme. Celle-ci se décompose en trois phases : initiation, promotion et progression.

Au cours de l’initiation, le matériel génétique cellulaire est endommagé par l’action de génotoxiques (qui ciblent l’ADN) provoquant des mutations d’oncogènes ou de gènes suppresseurs de tumeurs. Plusieurs pesticides présentent des propriétés génotoxiques qui sont associées à plusieurs mécanismes :

– le pesticide peut être en lui-même un génotoxique

– le pesticide active des récepteurs de xénobiotiques et ainsi le métabolisme des xénobiotiques (induction de l’expression des cytochromes P450 (CYPs), des glucuro- et glutathion-S-transférases) qui peut conduire à la production de métabolites de pesticides génotoxiques ou conduire à la production de dérivés réactifs de l’oxygène ou DRO (principalement par certains CYPs), par définition génotoxiques. De nombreux composés organochlorés, pyréthrinoïdes ou organophosphorés, activent en particulier le récepteur nucléaire PXR, induisant les CYP3A4 et 2B6.

Au cours de la promotion tumorale, la cellule acquiert de nouvelles propriétés qui facilitent son expansion clonale. Certains pesticides favorisent des voies de signalisation impliquées dans la prolifération cellulaire (ex : MAP kinases qui peuvent être activées par certains dérivés réactifs de l’oxygène) ou dans l’inhibition de l’apoptose (mort cellulaire) comme le lindane ou la dieldrine par inhibition de certaines caspases et/ou l’induction des protéines de la famille Bcl-2. De plus, certains récepteurs nucléaires impliqués dans la prolifération de cellules hormonosensibles (sein, ovaire, prostate) sont ciblés par différents pesticides.

Le pouvoir antagoniste, notamment des organochlorés vis-à-vis du récepteur aux androgènes a été largement mis en évidence, la plupart agissant également sur les récepteurs aux oestrogènes (ERá/â), avec des actions contraires selon les isoformesá et â. D’autres organochlorés activent les récepteurs aux rétinoïdes RARâ/ã (mais non RARá et RXR), tous induisent logiquement leur gène cible, le CYP26A1. Cette observation est pertinente puisque les RARs interviennent dans nombre de fonctions vitales (morphogenèse, métabolisme des rétinoïdes…).

Le rôle de l’environnement tumoral est à présent reconnu comme un facteur important de tumorigénèse. Cet environnement est constitué de cellules immunitaires et de tissu de soutien. Quelques données sur les effets immunitaires des pesticides sont disponibles (voir ci-dessous) qui pourraient être pertinentes pour expliquer des effets tumorigènes, mais peu de données existent sur le reste de l’environnement tumoral. Il apparaît ainsi que de nombreux pesticides provoquent des perturbations cellulaires et moléculaires majeures qui varient cependant selon les tissus (foie, épiderme…), les individus et les espèces. Ces mécanismes, par exemple le stress oxydant, sont relativement génériques et expliquent pourquoi plusieurs familles chimiques différentes conduisent à des effets pathologiques similaires.

 

Mécanismes d’action des mélanges de pesticides

 

Les procédés d’homologation en vue de la mise sur le marché des pesticides ainsi que les différentes études relatives à leur mécanisme d’action sont souvent réalisés sur des substances actives prises individuellement. Il était généralement admis que le mélange de plusieurs produits aux doses correspondant à leur NOAEL (No observable Adverse Effect level), et agissant via des mécanismes d’action différents, ne pouvait pas avoir d’effet.

Différentes études expérimentales relatives aux perturbateurs endocriniens et à la fonction de reproduction, montrent néanmoins que des substances actives en mélanges peuvent exercer des effets à des doses inférieures à leur NOAEL, que leur mécanisme d’action soit similaire ou différent, et qu’elles peuvent exercer des effets cumulatifs et/ou dépendants de la dose lorsqu’elles ont pour cible un même tissu. La littérature scientifique,  élargie à d’autres fonctions biologiques que la reproduction, présente, en l’état actuel, des résultats assez hétérogènes sur l’effet des mélanges.

L’influence réciproque des substances composant un mélange peut s’exercer à différentes phases de toxico-cinétique, pendant l’absorption, la distribution, le métabolisme ou encore l’excrétion.

Elle peut consister à modifier l’activité biologique de l’une ou l’autre des substances actives. Au sein d’un mélange, les effets des substances peuvent devenir additifs, infra-additifs ou supra-additifs.

De plus, la présence d’une substance sans effet peut néanmoins potentialiser l’effet d’une ou plusieurs substances dans un mélange.

retour haut de page

 

RECOMMANDATIONS

 

1 – Améliorer les connaissances sur l’exposition des populations

    

  • Organiser le recueil de données d’usage des pesticides en milieu agricole

 

En France, il n’existe pas de recueil centralisé ni d’archivage des données d’utilisation des pesticides, et en particulier des matières actives.

Des améliorations du système de recueil des données sont annoncées avec notamment le recueil d’informations sur la quantité de substances actives utilisées et sur la zone traitée, sur une base périodique de 5 années.

En France, les exploitants agricoles doivent tenir un cahier d’enregistrement des traitements phytopharmaceutiques (nom et formulations des produits, quantité, dates d’application, identification des parcelles, cultures traitées) par exploitation. Cependant, il n’est pas prévu de recueil systématique de ces informations ni leur exploitation à des fins descriptives ou/et de recherche/surveillance.

Depuis la mise en place du plan Ecophyto en 2006, et dans le but de suivre l’évolution de la consommation de pesticides (objectif d’une baisse de 50 %), la loi prévoit en France un relevé national annuel des ventes des produits commerciaux de pesticides.

En plus des enquêtes sur les pratiques culturales réalisées environ tous les cinq ans, le plan Ecophyto, prévoit la réalisation d’enquêtes spécifiques concernant les usages de pesticides.

Pour mieux documenter les expositions professionnelles et environnementales, le groupe d’experts insiste sur la nécessité de disposer d’un système de recueil des données d’usage des pesticides.

En mettant à profit les dispositifs préconisés par la loi européenne (n°1185/2009), il propose d’étudier la faisabilité de croiser les données de géolocalisation par parcelle (projets en cours) avec les données d’usages de pesticides.

Le groupe d’expert propose d’insérer de manière systématique des questions concernant l’utilisation des pesticides et le matériel utilisé lors des traitements (type de matériel d’application, équipements de protection) dans le questionnaire du recensement agricole décennal en France, et de s’appuyer sur le cahier d’enregistrement des traitements aux pesticides. À défaut, ou en complément de la démarche précédente, le groupe propose de développer le recueil annuel et pérenne des données à partir d’un panel d’agriculteurs représentatif de la population agricole (niveau national, régional, par type de culture). Ces données (rendues anonymes), devraient être accessibles à la communauté médicale et scientifique à des fins de surveillance sanitaire et de recherche.

 

 

  • Documenter les niveaux d’exposition dans l’ensemble des contextes professionnels utilisant les pesticides

 

Des études d’exposition aux pesticides ont été réalisées en milieu professionnel agricole, dans divers pays, le plus souvent dans un contexte réglementaire. En France, elles restent en nombre limité et ne concernent que certaines cultures.

 Le groupe d’experts recommande d’encourager le développement d’études de terrain concernant les niveaux d’exposition des travailleurs, aussi bien en milieu agricole que dans les nombreux autres contextes professionnels où des pesticides sont utilisés.

Ces études d’exposition devront porter sur les personnes mettant en oeuvre les traitements ainsi que sur celles amenées à intervenir ultérieurement sur les végétaux ou matériaux traités.

 

  • Disposer de données d’expositions des professionnels tout au long de la vie

 

Les études montrent que les expositions prolongées et chroniques aux pesticides sont susceptibles d’entraîner des effets sur la santé.

Aussi, la connaissance des expositions tout au long de la carrière professionnelle paraît une nécessité pour le suivi médical des professionnels, et les recherches en épidémiologie.

Le groupe d’experts recommande que les chercheurs et les professionnels de santé puissent disposer facilement de données (cahiers d’enregistrement des traitements aux pesticides…) permettant d’apprécier l’exposition de manière régulière des applicateurs et utilisateurs de pesticides, aussi bien chez les agriculteurs que chez les autres professionnels manipulant ces substances.

Il recommande de considérer également les populations professionnelles exposées de manière indirecte aux pesticides et de les interroger sur leurs tâches, leur lieu de travail, le type de contact avec des produits traités (cultures, espaces verts, bois, animaux…). De même, le groupe d’experts recommande de prêter attention aux familles des exploitants agricoles et des autres professionnels utilisateurs de pesticides.

 

  •  Documenter les niveaux et les sources d’exposition de la population générale aux pesticides dans les différents environnements de vie

 

Depuis plusieurs années, des mesures de résidus de pesticides sont réalisées en routine en France dans l’eau de boisson et dans les aliments. Cependant, les expositions de la population générale proviennent également d’autres sources, au sein de l’habitat (utilisations d’insecticides ménagers, traitements antiparasitaires pour les humains et les animaux domestiques, traitement des plantes d’intérieur, utilisation de produits de jardinage) mais aussi à proximité de l’habitat.

En effet, les pesticides utilisés par les professionnels diffusent dans l’atmosphère et peuvent être par conséquent, une source d’exposition des populations à une distance plus ou moins grande des zones traitées (zones agricoles, espaces verts, voiries, voies de chemin de fer, terrains de sport…).

Ainsi, l’analyse des mesures réalisées par les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) entre 2000 et 2006 a montré une présence de pesticides dans l’air, généralement corrélée aux périodes de traitement des cultures. Des résidus de pesticides ont par ailleurs été retrouvés dans les poussières de maison et/ou dans les urines des habitants. Il existe cependant aujourd’hui peu de données en France concernant l’exposition de la population générale, vivant aussi bien en zone rurale qu’urbaine, ses différentes sources et ses déterminants.

Le groupe d’experts recommande la réalisation de campagnes de mesures (notamment dans l’air extérieur et dans l’environnement intérieur) permettant de documenter les expositions dans les divers environnements aux sources de pesticides présentes dans le domicile ou à proximité de l’habitat. Ces campagnes devront être précédées d’enquêtes sur les pratiques dans les zones considérées afin de déterminer les substances actives à rechercher dans les différents milieux (air, poussières, matrices biologiques). Ces mesures permettront à terme d’envisager l’opportunité d’une surveillance dans certaines zones et/ou sur certaines périodes et de guider des actions de prévention orientées vers une diminution des expositions.

 

  • Disposer d’un recueil de notifications d’intoxications aiguës aux pesticides

 

Certaines données indiquent la possibilité d’effets nocifs à distance d’épisodes d’intoxication aiguë par les pesticides. Ceci a notamment été montré pour les troubles neurocomportementaux et anxio-dépressifs. La connaissance des épisodes d’intoxication aiguë aux pesticides présente donc un intérêt pour le suivi des professionnels et pour la compréhension du lien avec la survenue
d’une pathologie.

Actuellement, les intoxications aiguës sont signalées spontanément par l’agriculteur lui-même, par l’inter-médiaire d’un numéro vert mis en place par la Mutualité sociale agricole (MSA) dans le cadre du programme Phyt’attitude ou par la consultation auprès des centres anti-poisons. Ce dispositif de recueil, fondé sur un mode incitatif, ne recense pas actuel-lement de manière exhaustive ni même représentative les cas d’intoxication aiguë.

Le groupe d’experts recommande d’optimiser et d’évaluer le système de notification actuel. Il recommande par ailleurs qu’un tel système soit doté d’un dispositif d’alerte qui permette d’iden-tifier des cas groupés géographiquement et/ou temporellement à l’échelle nationale (y compris les Dom-Tom).

 

  • Fournir les moyens nécessaires à l’analyse de pesticides dans les milieux biologiques humains et en métrologie externe

 

Le groupe d’experts recommande d’encourager la mise en place de plateformes analytiques et des compétences nécessaires pour concevoir et développer des méthodes analytiques sur des matrices humaines nécessaires aux travaux de recherche et à la surveillance biologique de l’exposition aux résidus de pesticides et autres contaminants. Il préconise le développement de méthodes innovantes, sans a priori, permettant d’évaluer, outre les pesticides et leurs métabolites, les modifications de paramètres biologiques dans l’organisme exposé.

À titre d’exemple, ceci peut être réalisé grâce à une analyse des empreintes métaboliques d’exposition dans des fluides biologiques.

 

Pour disposer d’une meilleure estimation des expositions, le groupe d’experts recommande également de concevoir et de développer, outre les dosages biologiques, d’autres approches telles que les matrices emploi/exposition et la métrologie externe (air, peau, tenues de travail…).

 

  • Accéder aux compositions des produits commerciaux

 

Actuellement, les informations sur la composition intégrale des produits commerciaux, notamment sur les adjuvants, restent confidentielles car protégées par le secret industriel. Ces adjuvants pourraient participer à la toxicité des substances actives (car constituant une première forme de mélange). Les compositions peuvent cependant être communiquées, à sa demande, au médecin du travail en charge du suivi professionnel ainsi qu’au médecin de centre antipoison. En recherche, ces données se révèlent très importantes lors de la mise au point de protocoles expérimentaux en toxicologie ou encore dans la discussion des effets observés dans le cadre des études épidémiologiques et toxicologiques.

Le groupe d’expert recommande la création d’une base de données constituée par exemple à partir du dossier d’homologation, comportant les compositions intégrales des produits commerciaux (substances actives et adjuvants). Ces informations devront être rendues accessibles aux équipes de recherche comme aux médecins du travail selon des procédures appropriées.

retour haut de page

2 -Rechercher le lien entre exposition et pathologies

 

  • Rechercher l’impact d’une exposition aux pesticides en France en milieu professionnel dans la survenue de certaines pathologies

 

La synthèse des études épidémiologiques analysées dans cette expertise montre qu’il existe une présomption de lien, parfois forte, entre une exposition à des pesticides et des pathologies chez l’adulte comme certains cancers ou des maladies neurodégénératives (annexe 2).

 Le groupe d’experts recommande de poursuivre les travaux sur le lien entre la survenue d’une pathologie et une exposition en milieu professionnel aux pesticides en tenant compte du contexte présent et passé d’exposition aux pesticides en France, afin de mieux caractériser les substances actives, les familles de substances et les mélanges qui pourraient être impliqués dans la survenue de ces pathologies.

Pour prendre en compte l’évolution des connaissances sur les liens entre exposition et pathologie, le groupe d’experts recommande de mobiliser, à travers un dispositif national, des compétences scientifiques et médicales capables de répondre aux questions des médecins du travail ou d’autres professionnels de santé sur les effets aigus et chroniques d’une exposition aux pesticides et sur le lien possible entre une exposition aux pesticides et la survenue d’une pathologie pouvant, le cas échéant, être reconnue comme maladie professionnelle.

 

 

  • Mieux comprendre l’effet de l’exposition aux pesticides dans des populations vulnérables
  •  Prendre en considération l’exposition pendant les périodes de vulnérabilité

 

Par ailleurs, un certain nombre de tâches peuvent exposer de manière indirecte les populations de femmes enceintes au travail. C’est le cas, par exemple, des tâches de ré-entrée en viticulture et en arboriculture.

Le groupe d’experts recommande de favoriser, à travers les cohortes mère-enfant avec inclusion pendant la grossesse et suivi longitudinal du développement de l’enfant, l’évaluation des effets des pesticides, qu’il s’agisse de substances actives autorisées ou de substances interdites mais persistantes, en particulier sur le neurodéveloppement, le métabolisme, le système reproducteur, ainsi que des études spécifiques sur les cancers de l’enfant.

Le groupe d’experts recommande une vigilance toute particulière, tant en milieu professionnel qu’en population générale, sur l’exposition aux pesticides pendant la grossesse et une sensibilisation des médecins sur les conséquences possibles d’une exposition aux pesticides pendant la grossesse en vue d’informer les femmes en âge de procréer et les femmes enceintes sur les attitudes de prévention vis-à-vis des pesticides.

  • Développer l’articulation entre approche épidémiologique et mécanistique

 

Le groupe d’experts recommande de favoriser les échanges entre épidémiologistes et toxicologues pour la mise en place d’approches interdisciplinaires. Le regroupement des données épidémiologiques et de toxicologie (réglementaire et académique) permettrait d’apporter des arguments sur la plausibilité d’une relation entre l’exposition aux pesticides et la survenue de certaines pathologies.

Il insiste en particulier pour que se mettent en place des études de ce type sur certains fongicides largement utilisés en France.

 

  • Approfondir les connaissances sur la toxicité des pesticides en mélanges

 

Le groupe d’experts recommande de favoriser les projets de recherche traitant de la toxicité des mélanges à des doses compatibles avec les doses d’exposition environnementale et/ou d’imprégnation tissulaire, à la fois sur des modèles cellulaires (cellules humaines) et in vivo (éventuellement au moyen de modèles animaux humanisés).

texte intégral en pdf

accès au dossier sur le site de l’INSERM

 

retour haut de page

 

 

 

 

 

 

 

 

2005 – signataires de l’appel de prague

Written by Jos. Posted in les signataires

 

 

Dr Ronny van Aerle (University of Exeter, UK) ,

Dr Radka Alexy (Institute of Environmental Medicine and Hospital Epidemiology, Germany);

Dr Axel Alléra (Universität Bonn, Germany);

Prof. Felix Althaus(University of Zurich, Switzerland);

Dr Anna Maria Andersson (University Department of Growth and Reproduction, Rigshospitalet, Denmark);

Christian Annussek (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Dr Jean Bachmann (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Dr Thomas Backhaus (University of Bremen, Germany);

Alice Barbaglio (University of Milan, Italy);

Prof. Dominique Belpomme (Association for Research and Treatments Against Cancer, Hospital Georges Pompidou, France);

Prof. Vladimir Bencko (Charles University in Prague, Czech Republic);

Patrizia di Benedetto (Johann-Wolfgangg Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Dr Emilio Benfenati (University of Milan, Italy);

Nicola Beresford (Brunel University, UK); Dr Pia Berntsson (Lund University, Sweden);

Dr Linda S. Birnbaum (U.S. Environmental Protection Agency);

Prof. Bruce Blumberg (University of California, USA);

Dr Francesco Bonasoro (University of Milan, Italy);

Prof. Eva Bonefeldt- Jorgensen (University of Aarhus, Denmark);

Prof. Jean-Pierre Bourguignon (Universite de Liege, Belgium)

Cornelius Brandelik (Johann-Wolfgangg Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Prof. Maria Luisa Brandi (University of Florence, Italy);

Dr Jayne Brian (Brunel University, UK);

Dr Cepta Brougham (Athlone Institute Technology, Ireland);

Prof. Miren P. Cajaraville (University of the Basque Country, Bilbao, Spain);

Prof. Daniela Candia Carnevali (University of Milan, Italy);

Prof. Justo P. Castano (Universidad de Cordoba, Spain);

Sofie Christiansen (Danish Institute for Food and Veterinary Research)

Dr André Cicolella (INERIS National Institute of Risks and Environment, France);

Dr Annamaria Colacci (Environmental Protection and Health Prevention Agency Emilia Romagna Region, Italy);

Dr Ana Dulce Correia (CIIMAR – Interdisciplinary Centre for Marine and Environmental Research, Portugal);

Prof. Mark Cronin (John Moores University, UK);

Dr Maiken Dalgaard (Danish Institute for Food and Veterinary Research);

Dr Michele De Rosa (University of Naples, Italy);

Prof. Barbara Demeneix (Muséum National D’Histoire Naturelle, France);

Dr Diego Di Lorenzo (Ospedale Civile di Brescia, Italy);

Angela Dinapoli (Johann-Wolfgangg Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Dr Martina Duft (Johann-Wolfgangg Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Prof. Rik Eggen (EAWAG – Swiss Federal Institute of Aquatic Science and Technology, Switzerland);

Gaby Elter (Johann-Wolfgangg Goethe Universität Fankfurtam Main, Germany)

Maria Jose Lopez Espinosa (San Cecilio University Hospital, Spain);

Prof. Jerzy Falandysz (University of Gdansk, Poland);

Prof. Carla Falugi (Laboratory of Experimental Embryology and Cytotoxicology, Genova, Italy);

Dr Michael Faust (Faust and Backhaus Environmental Consulting, Germany)

Prof. Karl Fent (University of Applied Sciences Basel, Switzerland);

Denise Fernandes (CSIC University of Barcelona, Spain);

Dr Mariana F. Fernandez (Hospital Universitario San Cecilio, Universidad de Granada, Spain);

Dr Maria Fickova (Institute of Experimental Endocrinology, Slovakia);

Dr Frederic Flamant (Ecole Normale Supérieure de Lyon, France) ;

Sandro Freitas (CIIMAR – Interdisciplinary Centre for Marine and Environmental Research, Portugal); Prof. Silvana Galassi (University of Milan, Italy);

Alicia Granada Garcia (San Cecilio University Hospital, Spain);

Dr Sébastien Garry (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, France);

Prof. Gunther Gauglitz (Tübingen University, Germany);

Dr Andreas Gerecke (EMPA – Swiss Federal Laboratories for Materials Testing and Research);

Dr Anton Gerritsen (RIZA – Institute for Inland Water Management and Waste Water Treatment, Netherlands);

Dr Madana Ghisari (University of Aarhus, Denmark);

Prof. Andreas Gies (Director and Professor at the German Federal Environmental Agency – UBA);

Rachel Gomes (University of London School of Pharmacy, UK);

Dr Martin Göttlicher (GSF – National research centre for environment and health, Germany);

Dr Konstanze Grote (Charité Universitätsmedizin Berlin, Germany);

Prof. Jan-Åke Gustafsson (Karolinska Institute, Sweden);

Dr Arno Gutleb (Norwegian School of Veterinary Science);

Prof. Lars Hagmar (Lund University Hospital, Sweden)

Prof. Helen Håkansson (Karolinska Institute, Sweden);

Prof. Peter-Diedrich Hansen (Technische Universität Berlin, Germany);

Dr Catherine Harris (Brunel University, UK);

Dr Stefan Hartung (University Clinic Hamburg-Eppendorf, Germany);

Dr Ulla Hass (Danish Institute for Food and Veterinary Research)

Prof. Tyrone B Hayes (University of California Berkeley, USA);

Maren Heß (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Dr Elizabeth Hill (University of Sussex, UK);

Dr Philip S Hjelmborg (University of Aarhus, Denmark);

Lut Hoebeke (Flemish Environmental Agency VMM, Belgium)

Prof. Ieuan Hughes (University of Cambridge, UK);

Prof. Ilpo Huhtaniemi (Imperial College, UK);

Dr Philippe Irigaray (Association for Research and Treatments Against Cancer, France);

Dr Michael Jakusch (Austrian Research Centers);

Gemma Janer (CSIC University of Barcelona, Spain);

Prof. Olli Jänne (University of Helsinki, Finland);

Prof. Bernard Jegou (University of Rennes, France);

Prof. Tina Kold Jensen (University of Southern Denmark);

Dr Susan Jobling (Brunel University, UK);

Dr Andrew C. Johnson (Centre for Ecology and Hydrology, UK);

Dr Niels Jonkers (University of Venice, Italy);

Dr Niels Jørgensen (University Department of Growth and Reproduction, Rigshospitalet, Denmark);

Prof. Pierre Jouannet (Université René Descartes/Hôpital Cochin, France);

Dr Olivier Kah (University of Rennes, France)

Dr Ioanna Katsiadaki (Centre for Environment Fisheries and Aquaculture Science, UK);

Dominik Kayser (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Dr Hannu Kiviranta (National Public Health Institute, Finland);

Prof. Werner Kloas (Leibniz-Institute of Freshwater Ecology and Inland Fisheries, Germany);

Prof. Annette Klussmann-Kolb (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Dr Martin Köhler (EMPA – Swiss Federal Laboratories for Materials Testing and Research);

Prof. Heinz-R. Köhler (University of Tübingen, Germany);

Dr Andreas Kortenkamp (University of London School of Pharmacy, UK);

Dr Tanja Krueger (University of Aarhus, Denmark);

Dr Cinzia La Rocca (Istituto Superiore di Sanità, Italy);

Dr Pavel Langer (Institute of Experimental Endocrinology, Slovakia);

Dr Jens-Jørgen Larsen (Danish Institute for Food and Veterinary Research);

Dr Giuseppe Latini (Perrino Hospital, Italy);

Ramon Lavado (CSIC University of Barcelona, Spain);

Prof. Paul Layer (Darmstadt University of Technology, Germany);

Dr Carole LeBlanc (University of Massachusetts Lowell, USA);

Dr Henrik Leffers (University Department of Growth and Reproduction, Rigshospitalet, Denmark);

Prof. Juliette Legler (Free University Amsterdam, TheNetherlands);

Prof. Walter Lichtensteiger (University of Zurich, Switzerland);

Dr Manhai Long (University of Aarhus, Denmark);

Prof. Ulrich Loos (University of Ulm, Germany);

Dr Pedro P. Lopez-Casas (Centro de Investigaciones Biologicas, Spain);

Prof. Jan Krzysztof Ludwicki (National Institute of Hygiene, Poland);

Dr Ilka Lutz (Leibniz-Institute of Freshwater Ecology and Inland Fisheries, Germany);

Prof. Adriana Maggi (University of Milan, Italy);

Dr Kim Mahood (Medical Research Council Human Reproductive Sciences Unit, UK);

Prof. Sari Mäkelä (University of Turku, Finland);Prof. Alberta Mandich (University of Genova, Italy);

Prof. Gian Carlo Manicardi (Università di Modena e Reggio Emila, Italy);

Dr Alberto Mantovani (Istituto Superiore di Sanità, Italy);

Prof. Luigi Manzo (University of Pavia and Maugeri Foundation Medical Centre, Italy);

Francesca Maranghi (Istituto Superiore di Sanità, Italy);

Prof. Antonio Marcomini (University of Venice, Italy);

Prof. Robert Marks (Ben-Gurion University of the Negev, Israel);

Dr Francis L Martin (Lancaster University, UK);

Rebeca Martin-Skilton (CSIC University of Barcelona, Spain);

Dr Alessandra Massari (University of Genoa, Italy);

Dr Francesco Massart (University of Pisa, Italy)

Prof. Peter Matthiessen (Centre for Ecology and Hydrology, UK);

Prof. Ian Mayer (University of Bergen, Norway);

Prof. Jesus del Mazo (CIB, CSIC University of Madrid, Spain)

Dr John Meerman (Vrije Universiteit, The Netherlands);

Wiebke Meyer (University of Bremen, Germany);

Dr Christian Micheletti (University of Venice, Italy);

Dr Christophe Minier (Université du Havre, France);

Dr Steven Morris (Centre for Environment, Fisheries and Aquaculture Science, UK);

Dr Daniela Mozzi (University of Milan, Italy);

Dr Serge Nef (University of Geneva, Switzerland);

Gerrit Nentwig (Johann Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Prof. Leif Norrgren (Swedish University of Agricultural Sciences);

Prof. Jörg Oehlmann (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Prof. Michael Oehme (University of Basel, Switzerland);

Dr Matthias Oetken (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Prof. Nicolas Olea (University of Granada, Spain);

Prof. Stina Oredsson (University of Lund, Sweden);

Prof. Farzad Pakdel (University of Rennes, France);

Dr Ragnor Pedersen (University of London School of Pharmacy, UK);

Dr Giulio Pojana (University of Venice, Italy);

Dr Ingemar Pongratz (Karolinska Institute, Sweden);

Dr Cinta Porte (CSIC – Chemical and Environmental Research Institute of Barcelona, Spain);

Dr Tom Pottinger (Centre for Ecology and Hydrology, UK);

Dr Dominik Rachon (Medical University of Gdansk, Poland);

Prof. Daniela Reali (University of Pisa, Italy);

Prof. Maria Armanda Reis-Henriques (CIIMAR – Interdisciplinary Centre for Marine and Environmental Research, Portugal);

Maarten Roggeman (Federal Public Service Health, Food Chain Safety and Environment, Belgium);

Dr Ed Routlege (Brunel University, UK);

Dr Agustin Ruiz (NEOCODEX, Spain);

Dr Tamsin Runnalls (Brunel University, UK);

Dr Vasilios A. Sakkas (University of Ioannina, Greece);

Dr Matthew Sanders (Centre for Environment, Fisheries and Aquaculture Science, UK);

Dr Eduarda Santos (University of Exeter, UK);

Ursula Sauer (ARC Seibersdorf Research, Austria);

Prof. Margret Schlumpf (University of Zurich, Switzerland);

Claudia Schmitt (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany)

Dr Martin Scholze (University of London School of Pharmacy, UK);

Prof. Karl Werner Schramm (GSF – National research centre for environment and health, Germany);

Dr Ulrike Schulte-Oehlmann (Johann- Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Prof. Helmut Segner (University of Bern, Switzerland);

Prof. Richard Sharpe (Medical Research Council Human Reproductive Sciences Unit, UK);

Dr Elisabete Silva (University of London School of Pharmacy, UK);

Prof. Leopoldo Silvestroni (Segreteria Particolare del Sottosegretario di Stato, Ministero della Salute, Italy);

Prof. Niels Skakkebaek (University Department of Growth and Reproduction, Rigshospitalet, Denmark);

Stefanie Skaliks-Adler (Johann- Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Prof. Edward Skorkowski (Gdansk University Biological Station, Poland);

Prof. Olle Söder (Karolinska Institute, Sweden);

Prof. Carlos Sonnenschein (Tufts University School of Medicine, USA);

Dr Eugen Gravningen Sørmo (Norwegian University of Science and Technology, Norway);

Prof. Ana M. Soto (Tufts University School of Medicine, USA);

Dr Marcello Spanò (BIOTEC-MED, ENEA CR Casaccia, Italy);

Prof. Polyxeni Nicolopoulou Stamati (Medical School University of Athens, Greece);

Sid Staubach (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Michela Sugni (University of Milan, Italy);

Prof. Charles Sultan (CHU de Montpellier, France);Prof. John Sumpter (Brunel University, UK);

Prof. Shanna H. Swan (University of Rochester, USA);

Dr Chris E. Talsness (Charité Universitätsmedizin Berlin, Germany);

Dr Manuel Tena-Sempere (University of Córdoba, Spain);

Dr Remi Thibaut (CSIC University of Barcelona, Spain);

Prof. Dagnac Thierry (BRGM – Bureau of Geological and Mining Research, France);

Dr Michaela Tillmann (Institute of Hydrobiology, Dresden University of Technology, Germany);

Dr Gunnar Toft (Aarhus University Hospital, Denmark);

Prof. Jorma Toppari (University of Turku, Finland);

Dr Paolo Tremolada (University of Milan, Italy);

Dr Rita Triebskorn (Steinbeis-Transferzentrum für Ökotoxikologie und Ökophysiologie, Germany);

Prof. Tomás Trnovec (Slovak Medical University, Slovakia);

Prof. Charles Tyler (University of Exeter, UK);

Dr Anne Van Cauwenberge (Hygiene Institute, Mons, Belgium);

Prof. Terttu Vartiainen (National Public Health Institute, Finland);

Dr Leo van der Ven (Netherlands National Institute for Public Health and the Environment);

Prof. Nico P.E. Vermeulen (Vrije Universiteit, The Netherlands);

Dr Luigi Viganc (IRSA-CNR University of Milan, Italy);

Dr Anne Marie Vinggaard (Danish Institute of Food and Veterinary Research);

Christian Vogt (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Martin Wagner (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Prof. Rosemary Waring (University of Birmingham, UK);

Dr Burkard Watermann (LimnoMar Laboratory for Aquatic Research and Comparative Pathology, Germany);Dr Emily Willingham (University of California, USA);

Gertraud Wirzinger (Johann-Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany);

Prof. Alicja Wolk (Karolinska Institute, Sweden);

Dr Leah Wollenberger (Technical University of Denmark);

Dr Annalisa Zaccaroni (University of Bologna, Italy);

Dr Daniel Zalko (Institut National de la Recherche Agronomique, France);

Prof. Renato Zenobi (ETH – Swiss Federal Institute of Technology Zürich, Switzerland);

Simone Ziebart (Johann- Wolfgang Goethe Universität Fankfurt am Main, Germany)

 

 

Les affiliations sont données pour fins d’identification uniquement et tous les signataires ont signé à titre personnel.

Signataires à la date du 4 mai 2006.

 

 

 

2012 – OMS/PNUE – état de l’art sur les perturbateurs endocriniens

Written by Jos. Posted in 2012 - le rapport oms-pnue

Publication : « State of the Science of Endocrine Disrupting Chemicals », 2012, Rapport OMS/PNUE – Auteurs : Åke Bergman, Jerrold J. Heindel, Susan Jobling, Karen A.Kidd et R. Thomas Zoeller – Extraits et traduction par Réseau-Environnement-Santé


   Qu’est ce que la perturbation endocrinienne ?
1. Qu’est-ce qu’un PE (Perturbateur Endocrinien) ?
2. Les cinq points du changement de paradigme pour les PE
3. Pourquoi les pesticides sont-ils, parfois, des PE ?

Exposition des Hommes et de la faune
1. Types et sources de pesticides
2. Les PE rencontrés chez les Hommes et dans la faune

Arguments en faveur de la perturbation endocrinienne chez l’Homme et la faune
1. Les pesticides PE et la reproduction
2. Les pesticides PE et le sexe-ratio
3. Les pesticides PE et les troubles thyroïdiens
4. Les pesticides PE et le neuro-développement
5. Les pesticides PE et les cancers hormono-dépendants
6. Les pesticides PE et les troubles surrénaliens
7. Les pesticides PE et les troubles osseux
8. Les pesticides PE et les troubles métaboliques : Obésité, Diabète
9. Les pesticides PE et les fonctions immunitaires
10. Les pesticides et les déclins de populations

Conclusion

 

QU’EST-CE QUE LA PERTURBATION ENDOCRINIENNE

 

 1.    Qu’est-ce qu’un PE (Perturbateur Endocrinien) ?

 Dans la préface du document de l’IPCS 2002 (International Programme on Chemical Safety), les perturbateurs endocriniens (PE) ont été définis comme   «… des substances chimiques qui ont le potentiel d’interférer avec le système endocrinien » ;dans la première partie de ce document, un perturbateur endocrinien est défini d’une manière générale comme «… une substance ou un mélange exogène altérant les fonctions du système endocrinien et provoquant  par conséquent des effets néfastes sur la santé d’un organisme intact, ou sa descendance, ou (sous-) populations. Un perturbateur endocrinien potentiel est une substance ou un mélange exogène qui possède des propriétés qui pourraient mener à la perturbation endocrinienne chez un organisme intact, ou sa descendance, ou (sous-) populations. « (IPCS, 2002).

2.    Les cinq points du changement de paradigme pour les PE

  •  Les PE peuvent agir à faible dose

 Les hormones agissent à faibles doses, en partie en raison de leur forte affinité pour leurs récepteurs. Le terme « faible dose » est défini communément par les toxicologues dans l’évaluation des risques comme une dose en dessous de laquelle aucun effet n’est observé (NOAEL = No Observed Adverse Effet Level). Cependant, pour les PE, cette définition peut s’avérer fausse étant donné que toute exposition vient s’ajouter à nos hormones naturellement présentes dans notre organisme.

Les « faibles doses » posent l’hypothèse que les produits chimiques exogènes qui interagissent avec des hormones peuvent le faire de façon tout à fait spécifique, de sorte que les critères d’évaluation traditionnels de toxicologie ne sont pas adaptés pour prédire des effets adverses.

Ainsi les PE présenteraient des courbes dose-réponse (non linéaire et non monotone) en opposition à celle communément admise en toxicologie, en induisant des effets à des doses très faibles et non pas à des doses élevées.

  • Les interactions entre les substances chimiques : « l’effet cocktail »

 La toxicité et les effets des substances chimiques sont généralement évalués isolément avec une hypothèse d’exposition « tolérable ». Cette hypothèse n’est plus valable lorsqu’il y a exposition à plusieurs substances à la fois. Ainsi, alors qu’une substance peut-être évaluée comme ne produisant pas d’effet isolément, il apparait que, lorsqu’elle est présente à cette même dose dans un mélange, elle puisse tout de même induire des effets indésirables.

L’exposition, par exemple, à un mélange de quatre substances anti-androgéniques, un plastifiant de la famille des phtalates (DEHP), deux fongicides présents dans l’alimentation (vinclozoline et prochloraz) et une substance pharmaceutique (finastéride), induit des effets hormonaux mesurables (réduction de la distance ano-génitale). Alors que les mêmes doses prises individuellement sont sans effets (Kortenkamp 2008).

Le défi à relever consiste à définir quels mélanges de PE sont pertinents pour l’environnement et d’évaluer leurs effets.

  • « La période fait le poison »

 Les PE peuvent agir tout au long de la vie, tout comme le font les hormones mais lorsque les PE sont présents in utero, ils peuvent affecter la programmation de la fonction des cellules et le développement des tissus, ces effets peuvent ainsi persister toute la vie et prédisposer certains tissus à des maladies. Lorsque l’exposition survient plus tard, les effets peuvent être transitoires.

Il est donc plus pertinent de mesurer les expositions survenant au cours du développement pour les pathologies comme le cancer, le diabète et l’obésité.

  • Le temps écoulé entre les expositions et les effets

 « En raison de l’existence de fenêtres particulières de susceptibilité dans les processus de développement, l’exposition aux PE à des stades très sensibles du développement peut entraîner de profonds changements physiologiques et fonctionnels qui peuvent ne pas émerger sur le plan clinique avant un âge avancé. L’exposition elle-même peut cesser, mais l’impact sur le développement et les effets indésirables subséquents sont déjà en progression » (BIRNBAUM L. : « Témoignage devant le sous-comité sur l’énergie et l’environnement. Comité sur l’énergie et le commerce. Chambre des Représentants des Etats-Unis », 25 février 2010)

La capacité d’un PE à altérer le contrôle hormonal normal du développement est, peut être, la conséquence la plus significative d’une exposition, car les effets survenant durant le développement surviennent à des doses plus faibles que celles requises pour la survenue d’effets chez l’adulte (Alonso-Magdalena et al., 2010). Les effets de l’exposition à des PE durant le développement persistent tout au long de la vie en raison des effets sur la programmation et la différenciation cellulaires prédisposant parfois des tissus à certains dysfonctionnements.

  • Les effets latents à long terme, aussi dits trans-générationnels

 Un mécanisme majeur par lequel les hormones agissent durant le développement est la modification de l’épigénome (modifications chimiques qui agissent sur l’expression des gènes), des substances chimiques sont ainsi capables d’induire des effets transgénérationnels ; la Vinclozoline, un pesticide anti-androgénique, donné à des souris en développement lors d’une période critique du développement testiculaire, a induit la survenue d’effets adverses sur le testicule en développement, effets transmis aux 3 générations suivantes (Skinner, Manikkam & Guerrero-Nosagna, 2011). Cet effet est probablement causé par des changements épigénétiques transmis fidèlement de la première génération aux suivantes.

3.    Pourquoi les pesticides sont-ils, parfois, des PE ?

 Les pesticides sont conçus dans le but d’avoir une action sur le vivant, en altérant la croissance des végétaux indésirables et/ou des nuisibles (insectes, parasites, bactéries, virus, champignons, etc.).

Pour ne citer que quelques exemples, en 1944, le 2,4-D est créé en copiant une hormone de croissance végétale ; Dans les années 1960, divers pesticides font leur apparition dont les fongicides de type benzimidazole et pyrimides suivi par les fongicides imidazoliques et triazoliques qui sont des inhibiteurs de la synthèse des stérols dont fait partie le cholestérol qui est un précurseur de la synthèse des hormones stéroïdiennes (hormones sexuelles, glucocorticoïdes etc.)

A présent, la synthèse des pesticides passe par la recherche de nouvelles cibles et la compréhension des modes d’action, permettant ainsi l’établissement des relations structures-activités. Il n’est donc pas étonnant que les pesticides puissent avoir un impact sur l’Homme et la faune s’ils sont en effet conçus pour cibler des hormones de croissance, ou des cibles biologiques végétales, qui ont des similitudes avec nos hormones et notre système endocrinien.

retour haut de page

EXPOSITION DES HOMMES ET DE LA FAUNE

 

1.    Types et sources de pesticides

  •  Polluants Organiques Persistants (POP)

 Historiquement, l’attention s’est d’abord focalisée sur les substances organochlorées de première génération, désignées sous le terme de POP (Polluants Organiques Persistants) du fait de leur grande stabilité et de leur affinité pour les tissus adipeux. La plupart ont été développés pour un usage de type pesticide, comme le DDT, ou d’agents comme les PCB. Bien qu’interdits d’utilisation aujourd’hui on retrouve encore certains POP ou leurs produits de dégradation dans l’environnement et les organismes vivants à des concentrations élevées en raison de leur persistance.

  • Pesticides actuellement utilisés

 Le bannissement des pesticides persistants et bioaccumulables, a conduit à l’utilisation de pesticides généralement plus facilement dégradables. Cependant, il a été montré que beaucoup d’entre eux sont des PE in vitro, bien que très peu d’études aient été menées in vivo. Des données épidémiologiques concernent l’effet des pesticides et herbicides actuellement utilisés sur la baisse de la santé reproductive masculine (partie 3.1) et le cancer du sein (partie 3.5). Plusieurs pesticides actuellement utilisés ont également été associés au cancer de la prostate (methylbromide, chlorpyrifos, fonofos, coumaphos, phorate et permethrin) et au cancer de la thyroïde(alachlor). Chez les rongeurs, un certain nombre de pesticides induit des tumeurs des cellules folliculaires de la thyroïde, dont l’amitrole, l’ethylène thiourée, le mancozeb, l’acetochlor, la clofentezine, le fenbuconazole, le fipronil, le pendimethalin, le pentachloronitrobenzene, la prodiamine, le pyrimethanil et le thiazopyr (partie 3.5). Enfin, des troubles de l’attention chez les enfants ont été reliés à une forte exposition à une variété de pesticides organophosphorés (partie 3.4).

2. Les PE rencontrés chez les Hommes et dans la faune

  • Expositions Externe et Interne

 Les organismes peuvent être exposés via leur alimentation, l’inhalation, ou via l’absorption par la peau. Les PE transportés par le sang atteignent les tissus spécifiques et affectent le système endocrinien. L’exposition dépend des propriétés et de la persistance des PE (transformation, résistance à la dégradation etc.).

L’eau et l’alimentation représentent deux grandes sources d’exposition. L’eau est une source de PE généralement solubles comme les pesticides actuellement utilisés, en particulier pour les animaux sauvages. L’alimentation, principalement celle riche en graisse, est une source importante de POP, ils se concentrent ainsi dans les organismes et le long de la chaine trophique. Ils seront stockés dans les graisses, qui une fois mobilisées libèreront dans la circulation sanguine les POP qui peuvent atteindre des concentrations importantes.

L’exposition humaine varie considérablement et dépend des habitudes individuelles, et des lieux de vie et de travail. En plus de l’exposition alimentaire, les Hommes peuvent également être exposés professionnellement. La nourriture est considérée comme la principale source d’exposition aux pesticides actuellement utilisés pour l’Homme. Cependant, les pesticides peuvent également être inhalés et absorbés par la peau, en particulier par les personnes qui les manipulent directement lors de l’application ou indirectement lorsque les cultures sont récoltées ou transformées.

L’application, en particulier, pourrait conduire à des expositions élevées. Les études animales ont montré que de nombreux PE, dont les pesticides organochlorés, sont

capables de traverser la barrière placentaire et ainsi exposer le foetus et produire des effets sur le système reproducteur de la progéniture. Chez l’Homme, plusieurs études ont rapporté des concentrations détectables de PE dans le sang du cordon ombilical corrélées au niveaux retrouvés dans le sang maternel (Needham et al., 2011).

Bien que les PE non persistants soient plus rapidement métabolisés par le foie, l’exposition de la population est continue.

Pour ce qui est des PE persistants comme les POP, ils sont excrétés beaucoup plus lentement, et peuvent être excrétés dans le lait maternel. Dans de nombreux cas, l’exposition de l’enfant à des POP pendant l’allaitement dépasse la dose journalière tolérable défini pour l’exposition au long de la vie (Polder et al, 2008a;. 2008b)

  • Animaux sauvages

 Bien que les études continuent de se concentrer sur les POP, on sait maintenant qu’une large gamme de substances chimiques est retrouvée chez les animaux sauvages dans les zones reculées et en milieu urbain. Dans ces environnements et en particulier les prédateurs supérieurs à longue durée de vie, les PE peuvent dépasser les niveaux connus pour provoquer des effets.

La mesure des PE dans les tissus permet une meilleure association avec les effets observés, cependant pour des PE facilement éliminable dont les effet peuvent apparaitre tardivement, établir une association est plus compliqué.

Les pesticides PE les plus étudiés dans les tissus des animaux sauvages sont des POP, dont le DDT (et son principal produit de transformation, le DDE), le chlordane, et la dieldrine. Les autres POP pour lesquels on dispose de nombreuses données sur les résidus dans les tissus comprennent l’HCB, les composés apparentés au chlordane, la dieldrine / endrine, le mirex, et les isomères de l’HCH (en particulier β-HCH). Certaines données existent pour d’autres POP tels que le pentachlorobenzène, l’endosulfan, l’hexabromobiphényle, et le chlordécone chez les invertébrés, les poissons et d’autres animaux sauvages, mais elles ne sont pas aussi complètes. De même, des données plus limitées existent pour d’autres composés organohalogénés persistants, qui ne sont

pas sur la liste de POP de la Convention de Stockholm dont le méthoxychlore.

Les études sur des animaux marins faisant partie de l’alimentation humaine que sont, le thon et les moules (programme « Mussel Watch »), ont permis d’observer les tendances de la répartition des, respectivement, PCB et DDT, et du TBT. Les PCB et le DDT sont retrouvés chez de nombreux mammifères marins, et ont été liés à des déclins de populations.

Les tendances temporelles des pesticides ont été principalement étudiées pour le 4,4’-DDE, le β-HCH et l’HCB ; bien que l’imprégnation semble diminuer chez les guillemots de la région Baltique et les ours polaire de l’Arctique, reflétant la diminution mondiale de l’émission de ces substances, l’imprégnation reste stable chez les dauphins de haute mer.

  • Homme

 Chez l’Homme ce sont principalement les études de biomonitoring (biosurveillance) qui permettent de donner une mesure intégrée de l’exposition interne.

Pour ne citer qu’un exemple, le programme de biosurveillances américain, administré par « the Centers for Disease Control and Prevention », collecte du sang et de l’urine d’un échantillon représentatif de la population américaine dans le cadre de la « National Health and Nutrition Examination Survey » (NHANES) et analyse les échantillons des participants pour diverses substances chimiques. De nombreuses substances chimiques sont retrouvées de façon ubiquitaire dans la quasi-totalité ou dans de grandes tranches de la population américaine. C’est le cas de certains POP pourtant interdits depuis plus de 30 ans (DDT et PCB) et des pesticides organophosphorés,

substances chimiques persistantes et bioaccumulables, qui ont été supprimés plus récemment. Par conséquent, il ya une exposition simultanée à de multiples substances chimiques dans la population

L’étude du lait humain par l’OMS a inclus plusieurs POP dans leur analyse, les niveaux de DDT dominent dans les 3 pays ou l’analyse a été réalisée (Chili, Sénégal et Corée)(PNUE, 2009c).

Les données sur les POP dans le lait maternel sont dominées par des rapports sur le DDT (y compris DDE) et les PCB, avec plus de 50 rapports sur le DDE à partir de 1995 jusqu’à aujourd’hui.

La comparaison des données temporelles de Bergman et al (2010) à des niveaux internationaux indique que les concentrations de 4,4′-DDE peuvent être de 50 à plus de 10.000 ng/g de matières grasses dans le lait maternel, avec des concentrations élevées au Zimbabwe, en Inde, et au Vietnam. Les niveaux de 4,4 ‘-DDE sont compris le plus souvent entre 50 et 1000 ng/g de lipides.

retour haut de page

ARGUMENTS EN FAVEUR DE LA PERTURBATION ENDOCRINIENNE CHEZ L’HOMME ET LA  FAUNE

 

1.   Les pesticides PE et la reproduction

  • Introduction

 Le cas dramatique du distilbène peut à présent servir d’exemple pour protéger les humains et les animaux des PE dont l’utilisation est répandue. Des données mondiales montrent que les femmes souffrent de nombreux troubles (Syndrome des ovaires polykistiques, fibromes utérins, endométrioses, difficultés dans le maintien et l’achèvement d’une grossesse, naissances prématurées, pubertés précoces).

L’observation du déclin de la qualité du sperme dans les années 1990 a fait de la santé reproductive masculine un grand axe de recherche ; la survenue de nombreux troubles de la reproduction masculine (Cancers testiculaires, Cryptorchidismes, Hypospadias, Diminutions de la qualité du sperme, Syndrome de Dysgénésie Testiculaire) semble avoir eu lieu de façon concomitante avec l’expansion rapide de l’industrie chimique, et le relargage de milliers de substances chimiques d’origine anthropique dans l’environnement. L’hypothèse que les substances chimiques PE peuvent être en partie responsables du déclin de la santé reproductive masculine au cours des dernières décennies s’est donc considérablement renforcée. 

  • Arguments en faveur de la perturbation du système reproducteur féminin

 Des données épidémiologiques et expérimentales ont montré un lien entre le DDT et son principal métabolite le DDE, et la puberté précoce ; elle serait effectivement due à une perturbation du contrôle neuro-endocrinien de la puberté. Concernant la fécondité et la fertilité des femmes, des études expérimentales viennent appuyer les  observations selon lesquelles, principalement le DDT et ses métabolites, perturberaient la durée

des cycles, ou les niveaux d’hormones circulantes ; en effet certains pesticides sont capables de diminuer les concentrations circulantes d’oestradiol ou de progestérone, et d’altérer la fécondité via des mécanismes divers et variés chez les rongeurs.

L’augmentation de l’incidence des cas de fibromes utérins a été reliée à l’exposition à des pesticides ; des études in vitro utilisant divers pesticides organochlorés viennent étayer cette observation.

Des études sur le rongeur relient les cas d’endométriose et l’exposition au méthoxychlore et au DDT. Dans la faune également l’exposition à des pesticides vient appuyer les observations expérimentales et épidémiologiques : le cas le plus connu de troubles de la reproduction féminine en lien avec une exposition chimique est celui des alligators du lac Apopka ou les alligators ont été exposés au dicofol, au DDT et ses métabolites DDD et DDE à la suite d’un déversement dans un affluent du lac en 1980 (revue par Guillette, & Crain 2000)

Historiquement, ce sont les enquêtes centrées sur la question de l’amincissement de la coquille chez les oiseaux prédateurs en lien avec l’exposition aux pesticides organochlorés (Ratcliffe, 1967; 1970; Lundholm 1997), qui a finalement conduit à l’interdiction de l’utilisation du DDT, en particulier en Amérique du Nord et en Europe.

  • Arguments en faveur de la perturbation du système reproducteur masculin

 La cryptorchidie (non descente de l’un ou des testicules), l’hypospadias (malformation de l’urètre sur le pénis), la diminution de la qualité du sperme, ainsi que les cancers testiculaires, seraient les symptômes d’un même syndrome : le syndrome de dysgénésie testiculaire (TDS) (Skakkebaek et Carlsen). Ces altérations sont en effet apparues simultanément dans les populations, et auraient une origine foetale ou dans la petite enfance. Les PE, dont certains pesticides, seraient impliqués dans la survenue de ces différents symptômes.

De nombreuses études épidémiologiques relient la cryptorchidie, l’hypospadias et la diminution de la qualité du sperme à l’exposition à des pesticides, cependant l’étude qui semble apporter le plus d’arguments, associe la cryptorchidie et l’exposition aux 8 pesticides organochlorés les plus couramment utilisés (Damgaard et al 2006), de plus ces expositions semblent avoir eu lieu durant la grossesse.

Des études expérimentales, dont celle de Hass et al (2007) et de Wilson et al (2008), font également état de perturbation de la reproduction masculine, dans lesquelles l’exposition de foetus de rats à divers pesticides provoque des perturbations de la production de testostérone et induit l’hypospadias, la cryptorchidie, l’altération de la fertilité et la malformation des cellules testiculaire, un résultat ressemblant au TDS de l’homme.

Dans la faune, en plus des alligators mâles du lac Apopka également atteint par la contamination, de nombreuses autres espèces ont vu leur système reproducteur perturbé par l’action de divers pesticides : féminisation des oiseaux par le DDT, augmentation de l’incidence de l’intersexualité (organes sexuels femelles chez des mâles et vis-versa) chez des grenouilles et augmentation de l’intersexualité chez des crapauds vivant sur des sites agricoles.

2.  Les pesticides PE et le sexe-ratio

 Chez l’Homme, le sexe-ratio (nombre de naissances masculines / nombre de naissances féminines) est légèrement supérieur à 1. Peu d’études font état d’un lien entre les PE et une possible altération du sexe-ratio, cependant de nombreuses observations expérimentales et dans la faune en font état.

Certains pesticides organochlorés et le TBT modifieraient le sexe-ratio, respectivement, chez certaines espèces de mouettes, et chez divers invertébrés.

Expérimentalement, l’altération du sexe-ratio est un critère permettant de déterminer si une substance chimique est un PE ; ainsi le sexe-ratio chez les poissons zèbres est le critère dominant de la ligne directrice 234 (OCDE, 2011) ; le prochloraz est capable de masculiniser toute une population de ces poissons. Les daphnies sont également couramment utilisées, ainsi, des pesticides oganochlorés, triazines ou des insecticides en modifie le sexe-ratio.

3.    Les pesticides PE et les troubles thyroïdiens

 L’incidence des maladies et troubles thyroïdiens a augmenté fortement au cours des dernières décennies chez l’Homme, de sorte que la prévalence des maladies thyroïdiennes concerne environ deux milliards de personnes dans le monde entier. Les maladies et troubles thyroïdiens représentent une morbidité élevée et croissante chez les enfants et les adolescents ; 6 à 10% des adultes en souffrent.

Les récepteurs des hormones thyroïdiennes sont hautement conservés parmi les vertébrés, ce qui suggère que des perturbateurs thyroïdiens puissent avoir des effets communs chez différentes espèces. De plus les hormones thyroïdiennes sont des éléments clés du système endocrinien des mammifères et d’éventuels effets sur leur production, sécrétion, métabolisme et action auront des conséquences sur toute une série de processus physiologiques.

La plupart des observations ont été réalisés sur les mammifères marins de l’Arctique et les oiseaux. Les POP, dont les pesticides organochlorés, semblent perturber l’homéostasie de la thyroïde chez ces espèces.

Expérimentalement, les pesticides organochlorés perturbent également l’homéostasie thyroïdienne chez des rongeurs et des amphibiens.

4.    Les pesticides PE et le neuro-développement

 Depuis les années 1970, il y a une augmentation spectaculaire des troubles du développement neurologique habituellement rares. Par exemple, la prévalence de l’autisme est ainsi passée de 5 pour 10 000 enfants à 1 pour 110 enfants. Les troubles prédominants sont ceux du déficit de l’attention, avec une estimation de la prévalence commune mondiale d’environ 5,3%. Les troubles du déficit de l’attention ont été liés à une exposition élevée à une variété de pesticides organophosphorés encore retrouvés dans des tranches relativement importantes de la population humaine.

Chez les animaux sauvages, l’observation de modifications dans le neurocomportement a été observée principalement chez les oiseaux après exposition au DDT ; ces expositions environnementales ont ainsi induit une diminution des comportements de séduction, une modification du chant et le couplage femelle-femelle. Bien que certains de ces phénomènes puissent être expliqués par d’autres facteurs, une étude expérimentale récente sur des rouges-gorges, montre une altération du centre cérébral du chant après exposition au DDT.

Dans de nombreux cas, les résultats neurotoxicologiques des expositions aux substances chimiques sont similaires chez les animaux sauvages et les humains, renforçant les arguments faisant état de relations entre exposition aux substances chimiques et les troubles du développement neurologique chez l’Homme.

5.    Les pesticides PE et les cancers hormono-dépendants

 Les cancers hormonaux du sein, de l’endomètre, de l’ovaire, du testicule, de la prostate et des glandes thyroïdes continuent d’augmenter parmi les populations des «pays occidentaux», et plus récemment parmi les pays asiatiques. Les facteurs de risque traditionnels établis ne suffisent plus à fournir des explications sur ces tendances défavorables.

De plus l’implication de l’oestrogène de synthèse, le distilbène, dans les cancers du vagin et du sein a accentué les craintes qu’une multitude d’autres substances chimiques à activité hormonale, utilisées dans la vie courante, puissent être responsables de ces maladies.

  • Cancer du sein

 Les études épidémiologiques considérant les pesticides isolément ont, pour la plupart, échoué à montrer une association avec le cancer du sein ; l’importance des expositions combinées a été démontrée dans l’étude de Ibarluzea et al (2004) dans laquelle la charge totale de pesticides organochlorées oestrogéniques dans le tissu adipeux est lié à une augmentation de l’incidence du cancer du sein.

  • Cancer de la prostate

 En termes d’exposition chimiques, des études épidémiologiques ont identifié l’application et la fabrication de pesticides comme préoccupantes. Ainsi des pesticides variés dont des organophosphorés et des organochlorés étaient liés à une augmentation du risque. Bien que les mécanismes de cancérogénèse soient méconnus, les agents ayant une activité androgénique, antiandrogénique et oestrogéniques sont susceptibles d’en être la cause. En effet, Il a été montré que les pesticides organochlorés associés à une augmentation du risque de cancer de la prostate, ont une activité de type oestrogènique (Soto et al., 1995).

Bien que les PE impliqués n’aient pas une activité endocrinienne directe, ils semblent perturber le métabolisme des hormones stéroïdes, avec des conséquences négatives sur les risques de cancer de la prostate.

  • Cancer de la thyroïde

 Peu d’études épidémiologiques se sont penchées sur le sujet, cependant une grande étude prospective américaine, « the Agricultural Health Study » a effectivement observé une augmentation de l’incidence de ces cancers.

Expérimentalement cependant, de nombreux pesticides appartenant à des familles très diverses, induisent des tumeurs in vitro sur des cellules folliculaires thyroïdiennes.

Dans de nombreux cas, les cancers hormonaux chez les vertébrés sauvages et les animaux domestiques ressemblent aux carcinomes humains correspondants en termes de comportement clinique, de niveaux d’hormones circulantes et d’expression des récepteurs hormonaux dans les tumeurs primaires (tumeurs sans métastases).

retour haut de page

6.    Les pesticides PE et les troubles surrénaliens

 L’implication des PE dans les problèmes surrénaliens est devenue préoccupante lorsque des cas fréquents d’hyperplasie massive surrénalienne et une suite de lésions pathologiques caractéristiques de la maladie de Cushing (hypersécrétion chronique de cortisol) ont été identifiés chez les phoques de la mer Baltique. Les métabolites persistants issus des PCB et du DDT ont été initialement trouvés dans la graisse de ces phoques, et sont suspectés d’être à l’origine de ces pathologies.

On sait maintenant qu’ils sont très présents dans les tissus d’autres animaux marins ainsi que dans le lait maternel humain. Des recherches ultérieures sur cette nouvelle catégorie de POP ont révélé que le métabolite du DDT, le méthylsulfonyl-DDE (MeSO2-DDE) est un toxique très puissant et est tissu-spécifique des surrénales. Les métabolites du DDT, le MeSO2-DDE et l’o,p’-DDD sont transformés en métabolites toxiques dans les cellules surrénaliennes d’oiseaux et de poissons, ils peuvent donc également avoir un effet chez ces espèces.

Chez l’Homme, l’o,p’-DDD est un produit pharmaceutique (Lysodren) utilisé pour le traitement des carcinomes des corticosurrénales et la maladie de Cushing en Europe et aux Etats-Unis. Aux doses thérapeutiques, qui sont élevées par rapport aux expositions environnementales, le traitement induit une réduction des concentrations plasmatiques de cortisol et une réduction de la masse de tissu surrénalien. Il n’est ainsi pas surprenant qu’il soit capable d’induire la mort cellulaire dans le cortex surrénalien in vivo, et d’inhiber la sécrétion des hormones stéroïdes in vitro.

Le MeSO2, un toxique spécifique des surrénales, modifie la synthèse des glucocorticoïdes in vitro et ex vivo.

7.    Les pesticides PE et les troubles osseux

 Depuis la Seconde Guerre mondiale, il ya eu une augmentation de l’incidence standardisée sur l’âge des fractures ostéoporotiques dans les pays industrialisés. Il n’est pas étonnant que les PE puissent être impliqués dans l’augmentation de cette incidence étant donné que l’os possède des récepteurs aux oestrogènes et qu’il en est une cible.

L’exemple probablement le plus représentatif, provient de la contamination de plants de blés par de l’héxachlorobenzène à la fin des années 1950 en Turquie. Cette contamination a conduit à l’intoxication de plus de 4000 personnes qui ont développé, plus ou moins tardivement, un large spectre de symptômes tels que des défauts dermatologiques, neurologiques, orthopédiques, et des symptômes spécifiques de l’ostéoporose pour une grande partie d’entre eux (Cripps et al.,1984).

8.    Les pesticides PE et les troubles métaboliques : Obésité, Diabète

 Des données expérimentales de plus en plus nombreuses mettent en évidence une perturbation du métabolisme glucido-lipidique sous l’effet des PE, notamment aux niveaux d’imprégnation correspondant à ceux de la population humaine.

Des données expérimentales indiquent que les expositions chimiques pendant des fenêtres vulnérables du développement peuvent affecter le poids à l’âge adulte. Par exemple, il existe des données animales suggérant que l’exposition in utero à des substances chimiques, dont le TBT, les pesticides organochlorés et organophosphorés, peut entraîner une altération du métabolisme du cholestérol, dont une induction de l’adipogenèse (fabrication du tissu adipeux et stockage des lipides par les adipocytes), et une prise de poids plus tard dans la vie.

Une exposition post-natale précoce à des pesticides organophosphorés produit des effets durables sur le métabolisme qui sont compatibles avec le pré-diabète. En outre, ces effets sont aggravés par un régime riche en graisses à l’âge adulte. Chez les animaux adultes, primates et rat, certaines substances chimiques, dont respectivement le DDT et l’atrazine, peuvent être à l’origine du diabète ou de l’insulino-résistance à la suite de l’exposition des adultes.

Chez l’Homme, il ya de plus en plus d’arguments épidémiologiques selon lesquels l’exposition aux PE peut contribuer au développement du diabète, dont l’exposition aux pesticides organochlorés et organophosphorés.

9.    Les pesticides PE et les fonctions immunitaires

 Les maladies allergiques de l’Homme constituent les causes les plus courantes de maladies chroniques. Les maladies auto-immunes sont également en hausse dans les pays développés, de 5 à 7% de la population est actuellement touchée, ce qui fait de ces maladies un phénomène mondial omniprésent qui va augmenter encore dans les prochaines décennies. La hausse de la prévalence des maladies auto-immunes est particulièrement évidente dans le diabète de type 1. De nombreux animaux sauvages sont également de plus en plus affectés par des maladies auto-immunes.

Les récepteurs aux oestrogènes ont été détectés dans des cellules immunitaires ce qui suggère que les oestrogènes (ou xénoestrogènes) peuvent potentiellement agir sur ces cellules.

Expérimentalement, les arguments les plus convaincants proviennent d’étude sur l’atrazine. Elle représente le contaminant des eaux souterraines le plus répandu dans la plupart des zones agricoles, les régions sous-développées, et dans les zones urbaines aux États-Unis. In vitro l’atrazine induit des effets semblables à ceux de la déxaméthasone, un immunosuppresseur. In vitro et in vivo, elle est capable de diminuer les fonctions immunitaires et de déprimer le système immunitaire lorsque l’exposition a lieu durant la période prénatale ou la lactation.

Chez des mammifères marins, il a été observé que certains contaminants, principalement l’association PCB et DDT, seraient à l’origine d’une inhibition de la réponse immunitaire et de l’immunotoxicité. Chez les oiseaux, les amphibiens et les mammifères marins, ils sont capables d’affecter les fonctions immunitaires, ce qui entraîne une susceptibilité accrue aux maladies infectieuses.

Les organoétains, en plus d’être des modulateurs efficace sur système immunitaire chez les bivalves, peuvent jouer un rôle clé dans la perturbation immunitaire, ils peuvent de façon inappropriée stimuler la signalisation des cytokines (substances solubles de signalisation cellulaire synthétisées par les cellules du système immunitaire), et pourraient réduire la capacité des cellules NK (cellules immunitaires dites « tueuses naturelles ») à éliminer efficacement leurs cibles. Par ailleurs, l’exposition à ces composés pourrait être associée à un risque accru de cancer étant donné que le

système immunitaire n’est plus capable de lyser les cellules tumorales.

 

10.  Les pesticides et les déclins de populations

 La perte ou le déclin des populations d’amphibiens, de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, de poissons et d’invertébrés est une préoccupation mondiale. Ces baisses ont été liées aux activités humaines telles que la surexploitation, le développement résultant en la perte d’habitat, la contamination de l’environnement ou les changements climatiques. Ces activités ont directement ou indirectement influé sur la capacité de nombreuses espèces à survivre et à se reproduire, capacités qui sont toutes deux essentielles pour la bonne santé des populations.

Deux grands déclins ont pu être observés :

– L’exposition au TBT provoque l’imposex chez les femelles invertébrés (développement d’organes sexuels mâles) et conduit à l’échec de la reproduction et au déclin ou à la disparition de plusieurs espèces dans les ports et autres zones ou le TBT a été fortement utilisé. L’utilisation du TBT a été limitée (mais non interdite complètement dans le monde) depuis les années 1990, ce qui a, en conséquent, aboutit à un retour à la normale des populations d’invertébrés.

– Le déclin et le recouvrement des espèces d’oiseaux prédateurs situés en haut de chaine alimentaire ont été observés suite à l’utilisation massive et à la restriction ultérieure de l’insecticide DDT. Il est décomposé en DDE dans la nature et se concentre dans la chaine trophique, ce qui a conduit au déclin des espèces d’oiseaux prédateurs situés en haut de chaine alimentaire. Ce phénomène important a fait l’objet d’un livre, « Silent Spring » écrit par Rachel Carson.

CONCLUSION

Comme suggéré dans la première partie du présent document, il n’est pas étonnant que des pesticides puissent perturber le système endocrinien des Hommes et des animaux étant donné les similitudes entre les hormones végétales et animales. Autrement dit, les cibles des pesticides sont parfois très semblables à nos hormones, récepteurs et à notre système endocrinien plus généralement.

Nous sommes exposés à une grande variété de substances, et à présent, nombreuses sont celles qui sont des perturbateurs endocriniens. Aussi parait-il raisonnable de considérer l’exposition comme étant multiple.

Pour ces substances, le paradigme actuel « la dose fait le poison » n’est plus d’actualité, étant donné que les PE peuvent agir à très faible dose. De plus, il est à présent nécessaire d’évaluer l’exposition durant les périodes critique du développement que sont les périodes pré-natale, postnatale, et l’adolescence, étant donné que les maladies auraient une origine développementale ; le paradigme peut alors être formuler ainsi : « la période fait le poison ».

Aux vues des différentes conséquences observées (troubles de la reproduction, cancers, troubles métaboliques etc.) qui peuvent être imputées aux pesticides, il n’est à présent plus possible de minimiser l’impact des pesticides PE sur la santé des Hommes et des animaux.

 retour haut de page

 

http://www.who.int/ceh/publications/endocrine/en/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mai 2005 – La déclaration de Prague sur les Perturbateurs endocriniens

Written by Jos. Posted in L'appel de Prague

L’Appel de Prague a été rédigé en 2005 par plus d’une centaine de scientifiques dont Andreas Kortenkamp et André Cicolella. Il présente une synthèse des connaissances et des propositions de recherche sur la question des perturbateurs endocriniens.

L’essentiel de l’Appel est dans cette phrase :

« Au vu de l’ampleur des risques associés aux perturbateurs endocriniens, nous croyons fermement que les incertitudes scientifiques ne devraient pas retarder la mise en oeuvre du principe de précaution visant à réduire les expositions aux risques des perturbateurs endocriniens ».

En voici un résumé :

• De sérieuses craintes émergent concernant le niveau élevé de troubles de la reproduction chez les garçons et jeunes gens européens ainsi que l’augmentation des cancers touchant les organes reproducteurs, sein et testicules.

Le mode de vie, le régime alimentaire et les facteurs environnementaux jouent un rôle dans les différences qui peuvent être observées régionalement en ce qui concerne ces troubles et leur évolution dans le temps.

• L’action hormonale joue un rôle important comme cause ou au cours de l’évolution des troubles évoqués ci-dessus. Par conséquent, il est probable que l’exposition aux perturbateurs endocriniens puisse être incriminée, même si le lien de cause à effet chez l’homme est beaucoup plus difficile à établir.

• On peut déplorer un sérieux manque de connaissances concernant les effets des perturbateurs endocriniens sur d’autres maladies graves telles que l’obésité, les troubles neurologiques, le stress…

• Le lien de causalité est bien établi entre les effets nocifs pour la faune et la flore et l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Dans un certain nombre de cas, il est probable que la sévérité des effets puisse avoir un impact au niveau des populations et pas seulement au niveau individuel.

La faune et la flore fournissent des signaux précurseurs des effets produits par les perturbateurs endocriniens avant qu’ils ne soient observés chez l’être humain.

• La faune et la flore représentent un enjeu de protection à part entière. Les effets des perturbateurs endocriniens observés en laboratoire indiquent que ces substances peuvent constituer une réelle menace pour la biodiversité à l’instar des composés organostanneux et des autres composés présents utilisés sur les coques de bateaux.

• Les Européens sont exposés à de faibles niveaux à un grand nombre de perturbateurs endocriniens lesquels peuvent interagir. Un grand nombre de ces substances chimiques, synthétiques ou naturelles se retrouvent dans les tissus humains et dans le lait maternel. Les humains sont exposés à ces substances très tôt, au moment où l’organisme se développe le plus et est particulièrement sensible.

Les mécanismes existants d’évaluation et de prévention des effets des substances chimiques sont inadaptés aux perturbateurs endocriniens. Les tests ne prennent pas en compte les effets d’expositions simultanées à de nombreuses substances chimiques et sous-estiment les risques qui y sont liés.

• Le protocole actuel de mesure du niveau de sûreté est basé sur les effets reproducteurs et par conséquent ne prend pas en compte les effets délétères des perturbateurs endocriniens sur les autres tissus. De nouvelles batteries de tests doivent être développées pour résoudre ce problème.

• Au vu de l’ampleur des risques associés aux perturbateurs endocriniens, nous croyons fermement que les incertitudes scientifiques ne devraient pas retarder la mise en oeuvre du principe de précaution visant à réduire les expositions aux risques des perturbateurs endocriniens.

• Le défi posé par les perturbateurs endocriniens requiert un engagement sur le long terme de veille et de recherche afin de mieux caractériser les expositions des êtres humains comme de la faune et flore, ainsi que leurs mécanismes d’action et d’interaction. Cet élan permettrait une meilleure protection de la santé des citoyens européens et de leur environnement.

 

                                                    Lire l’appel de Prague dans son intégralité

 

 

 

 

 

médecins signataires de l’appel du 15 mars

Written by Jos. Posted in l'appel de mars

Dr Sylvie ANDRIEUX Nieul (87),

Dr Consuela  ANTAL Centre Hospitalier Tulle (19),

Dr Jean-Paul ANTZENBERGER Médecin du travail Limoges (87),

Dr M ARRESTIER CH Tulle (19),

Dr Jeannette BARRE Allassac (19),

Dr Pierre-Jean BAUDOT La Jonchère (87),

Dr Chantal BEGOT Limoges (87),

Dr Alain BERENFELD Cardiologue Hôpital d’Ussel (19),

Dr Anna BERTRAND-MADOUMIER Bersac sur Rivalier (87),

Dr Valéry BILLY Limoges (87),

Olivier BLANCHARD Int Tulle (19) ,

Dr Henriette BLANCHET PH Hôpital d’Ussel (19),

Dr Lionel BLASCO Cardiologue CH Ussel (19),

Dr Pierre  BORDERIE  Eymoutiers (87),

Dr Mathieu BORDERIE CH Tulle (19),

Dr Catherine BOUCHER-MASSON Med du travail SNCF Limoges (87),

Dr Anne BOUYER Tulle (19),

Dr Jean-Luc BOUYER Tulle (19),

Dr Sonia BRIZARS Saint-Priest sous Aixe (87),

Dr Anne-Marie BRUNERIE  Gynécologue Tulle (19),

Dr Antoine BUFFAUD CH Tulle (19),

Dr Jean-Luc BUGEAUD  Limoges (87),

Dr Rémy CAVIGNEAUX Limoges (87),

Dr Catherine CHAILLOU-VAURIE CH Tulle (19),

Dr Jean-François CHAMBRIER St Bonnet  Briance (87),

CHAMPEGY Int Tulle (19),

Dr Béatrice CHAMPTIAUX-DECHAMP Néphrologue Alurad limoges (87),

Dr Marie-Noelle CHARLES   Bessines sur Gartempe (87),

Dr Jacques CHAUMONT Ussel  Dr(19),

Dr Joëlle CHAZELAS Tulle (19),

Dr Claire CHEVALIER-COLLINS PHC, CHRU Limoges (87),

Dr Yves CISSOU Juillac (19),

Dr Christian CLAUDEL Bort les Orgues (19),

Dr COLIN-BUGEAUD Limoges (87),

Dr Jean-Marc COMAS Endocrinologue Brive (19),

Dr Alain COMBEAU Dermatologue Tulle (19),

Dr Daniel CONCHON Ladignac le long (87),

Dr CROGUENNEC Neurologue CH Tulle (19),

Dr Olivier CROS Saint-Junien (87),

Dr Yves CUISINIER Cardiologue Limoges (87),

Dr Christine DAGARD Boussac (23),

Dr Philippe DAGARD Boussac (23),

Dr François DALEGRE Ussel (19),

Dr DALLOCCIO Pédiatre CH Tulle (19),

Dr DAVID-VEZIAT Ussel (19),

Dr Christophe DECHAMP (87),

Dr Philippe DEFAYE ORL Limoges (87),

Dr Martine DEGUILLAUME Peyrat le Château (87),

Dr Jean-François DELERON Solignac (87),

Dr Anne DELOTTE Angeiologue St Yrieix la Perche (87),

Dr Christian DELPEYROUX Limoges (87),

Dr Anne DEMAUX-LAGRANGE Brive (19),

Dr Sylvie DEMAY-FRACHET Limoges (87),

Dr Martine DESHAYES Ussel (19),

Pr Jean-Claude DESPORT  CHU Limoges (87),

Dr Isabelle DONNY CH Tulle (19),

Dr Gaëlle DOUHET (19),

Dr Paul DUCHEZ Saint-Paul (87),

Dr Monique DUFOUR MDPH Limoges (87),

Dr Yves DUMONT ORL Limoges (87),

Dr Marc ESPIAU DE LAMAESTRE Noailles (19),

Dr Caroline ETCHEKOPAR Cardiologue Limoges (87),

Dr Anne Laure FAUCHAIS Interniste CHU Limoges (87),

Dr Samira FAUCHER Endocrinologue CH Tulle (19),

Dr Jean-Jacques FAUVET  Limoges (87),

Dr Jacqueline FAYOL Dermatologue Limoges (87),

Dr Patrick FAYOL Psychiatre Limoges (87),

Dr Yves FEYFANT  Limoges(87),

Dr Maryse FIORENZA GASQ Coordinatrice du Centre Pluridisciplinaire de Diagnostic Prénatal du Limousin, Hôpital de la Mère et de l’Enfant Limoges,

Dr André FISTRE (23),

Dr Jean-Pierre FRACHET  Limoges (87),

Dr Anne-Catherine FRESSINAUD_MARIE Limoges (87),

Dr Pascal GAILLARD Saint-Junien (87),

Dr Ghislain GELY Brive la Gaillarde (19),

Dr Mihaela  GHICA Interniste CH Tulle (19),

Dr Frédéric GILLY Limoges (87),

Dr Guillaume GONDRAN Médecine Interne CHU Limoges (87),

Dr GRAVAL CH Tulle (19),

Dr Dominique GREVET Egletons (19),

Dr Dominique GROUILLE Unité de soins palliatifs CHU Limoges (87),

DR Svetoslav GUEORGUIEV Saint-Junien (87),

Dr Hervé GUILLAUMOT Saint DizierLeyrenne (23),

Dr Dominique GUINOT Psychiatre (23),

Dr T HASSAN Urologue  Tulle (19),

Dr HAULOT Endocrinologue CH Tulle (19),

Dr Jean-Baptiste HEITZMANN Boussac (23),

Dr Gérald HENNER Gériatre Hôpital d’Ussel (19),

Dr Marie-Hélène HERBACH Saint-Jouvent (87),

Dr Jean HILAIRE Cardiologue Limoges (87),

Dr Marc HOCLET Bénévent l’Abbaye (23),

Dr Françoise ISSOULIE  Limoges (87),

Dr Jean-Marc JACOB Lubersac(19),

Dr Pascale JACOB Lubersac (19),

Dr Jean-Marie JADAUD Endocrinologue CH Guéret (23),

Dr LABROUSSE Ussac (19),

Dr LAGARDE Alurad Limoges (87),

Dr Philippe LAJOIE Ussac (19),

Dr Sonia LAJOIE Ussac (19),

Dr Elisabeth LAMAGAT  Jugeals-Nazareth (19),

Dr Claude LANDOS La Celle Dunoise (23),

Dr Estelle LANGLOIS Limoges (87),

Dr Delphine LARROQUE Guéret (23),

Dr Elisa LASSENE CH Tulle (19),

Dr Nicole LAUXIRE  Isle (87),

Dr Roger LEBLANC La Jonchère-Saint-Maurice (87),

Dr LEBRUN-LY Cancérologue CHU Limoges (87),

Dr Daniel LEGRESY Sauviat sur Vige (87),

Dr Jerome LESAGE Cardiologue Limoges (87),

Dr Françoise LETIENNE Médecin du travail Limoges (87),

Dr LEVANTOUX  Eymoutiers (87),

Dr Daniel LEVY Feytiat (87),

Dr Françoise LINOL (87),

Dr LONGEAGNE Int Ussel (19),

Dr Kim LY Interniste CHU Limoges (87),

Dr Abdelhamid MACHAKO Tulle (19),

Dr Jean MACLOUF Limoges (87),

Dr Jean-Marc MANCINI Guéret (23),

Dr Christelle MARTIN Saint-Priest sous Aixe (87),

Dr Yannick MARZOLFF MARTIAL  Limoges (87),

Dr André MAURIN Boisseuil (87),

Dr Joseph MAZÉ  87460 Bujaleuf (87),

Lénaïc MAZE Int MG (87),

Cyril MOESCH Int MG (19),

Dr Simona MOLDOVAN Endocrinologue CH Tulle (19),

Dr Dominique MOREAU Limoges (87),

Dr Bertrand MOREL Limoges (87),

Dr Jean-Luc MOUILLE Allassac (19),

Dr Sylvie NADALON Endocrinologue Limoges (87),

Dr Philippe NARAT Saint-Junien (87),

Dr Pascale NAUDIN Limoges (87),

Dr Agnès NICOT Limoges,

Dr Philippe NICOT Feytiat (87),

Dr Jean-Christophe NOGRETTE Feytiat (87),

Dr Hervé NOÏNSKI Boussac (23),

Dr Guillaume NORMAND Saint-Priest Ligoure (87),

Dr Alexandra OULD OMAR  Flavignac (87),

Claire PARKER Interne Limoges (87),

Dr Pierre-Michel PERINAUD Limoges (87),

Dr Catherine PEYRONNET Médecin Nutritionniste Limoges (87),

Dr Pierre PEYRONNET Alurad Limoges (87),

Dr Elisabeth PIRY Eymoutiers (87),

Dr Michel POUGET Saint-Aulaire (19),

Dr Catherine PRIOUX Faux la Montagne (23),

Dr François RADIGON Evaux-les-Bains (23),

Dr Marie-Hélène  REVAULT Médecine Interne CH Ussel (19),

Dr Philippe ROBERT-KERBRAT Anesthésiste Clinique Chénieux Limoges (87),

Dr Jean-Noël ROBIN Solignac (87),

Dr Jean-François Roche Pédopsychiatre CH Esquirol Limoges (87),

Dr Jean-Luc RONDEAU Chamboulives (19),

Dr Henri ROY Neuvic (19),

Dr Jean-Louis SOUCHAUD Psychiatre Limoges (87),

Dr SEEGERS-UBERTI Maria Pédopsychiatre  Limoges (87),

Dr Anne-Marie SOULIE Lubersac (19),

Frederick STAMBACH int MG (19),

Dr Eric SUSINI Cardiologue Tulle (19),

Dr Sandrine TAILLEFER Endocrinologue Tulle (19),

Dr Elodie VANDOOREN PH Hôpital d’Ussel (19),

Dr Serge VAREILLE Le Palais sur Vienne (87).

Dr Fréderic VAZEILLE Pédiatre Tulle (19),

Dr Jean-Jacques VERGNAUD- REBEYROLLE Masseret (19),

Dr G VEZIAT Ussel (19)