…suite du billet du Dr Périnaud le 3 juin 2018

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Le vote de la Loi alimentation, qui faisait suite aux Etats Généraux de l’Alimentation (cf notre réaction très critique du 25 novembre 2017), et particulièrement son volet sanitaire et environnemental, accouche d’un souriceau.
Le refus d’interdire par la Loi l’usage du Glyphosate dans trois ans, n’est que la cerise sur le gâteau. L’obligation d’indiquer le Nutriscore, permettant de juger du degré de transformation de l’alimentation, facteur d’obésité chez les enfants ? L’interdiction des contenants alimentaires en plastique dans les cantines? À la trappe. Comme le dit le journal « Le Monde », « même l’interdiction des pesticides à proximité des lieux de vie a été écartée». Quant au Fonds d’Indemnisation des Victimes des Pesticides, dans l’air depuis le rapport Bonnefoy en 2012, hors sujet ! Mais grâce aux drones, au mépris de la réglementation européenne, le retour des épandages aériens de pesticides est annoncé. Quant aux mesures sur le bien-être animal concernant les élevages hors-sol de poules pondeuses en cage, le broyage des poussins vivants et autres promesses du candidat Macron : rejetées.
Il faudra se contenter de la séparation des activités de vente et de conseils des pesticides, de l’interdiction d’un nano, le dioxyde de titane E 171, et surtout de l’élargissement de la définition des néonicotinoïdes, permettant d’interdire les molécules au mode d’action similaire comme le sulfoxaflor. Mais les « exigences » concernant l’obligation d’ici 2022 d’avoir 50 % de produits sous signes de qualité dont 20 % de bio dans les cantines sont purement cosmétiques : quels seront ces signes de qualité ? Une AOP n’est pas un gage de qualité, mais seulement de terroir! Et les 20 % de bio dans les cantines ne sont que le recyclage d’une mesure du Grenelle de l’environnement prévue initialement pour ….2012 !
Et pourtant les mises en garde n’ont pas manqué concernant le lien évident entre l’effondrement de la biodiversité, largement dû au modèle agricole dominant, et l’émergence de problèmes sanitaires.

Après la définition des perturbateurs endocriniens en Europe fin 2017, la santé publique vient de connaître une seconde défaite. Cette fois devant le lobby agro-alimentaire français. Les plus optimistes diront que le match continue : sans doute, mais il faudra la mobilisation de tous !

Docteur Pierre-Michel PERINAUD, Président de l’AMLP
et le bureau de l’AMLP