Alerte Médecins Pesticides » Pourquoi cette alerte, au printemps 2013, sur les dangers des pesticides ?

Pourquoi cette alerte, au printemps 2013, sur les dangers des pesticides ?

Written by Jos. Posted in l'appel de mars

Médecins, nous savons,  depuis longtemps,  les dangers des pesticides pour la santé, en  particulier celle des agriculteurs, des personnels des espaces verts, et celle des riverains des zones d’épandage. Mais nous savons aussi, maintenant, que toute la population est concernée, avec un risque fortement majoré pour les femmes enceintes et les enfants.

Depuis trente ans les études épidémiologiques s’accumulent , apportant régulièrement des confirmations de toxicité, annonciatrices d’une possible catastrophe sanitaire .

Pour autant, nous ne sommes pas enclins à prendre  publiquement et collectivement la parole pour lancer des alertes sanitaires. Ce n’est pas dans notre culture médicale, et c’est tout à fait dommageable.

Mais, en ce début 2013, quelques-uns d’entre nous, mieux informés et sensibilisés, ont pressenti que nous devions, ensemble, alerter l’opinion et tenter de convaincre les décideurs qu’il y a urgence.

En effet la règlementation européenne concernant les pesticides et les biocides a été modifiée et prévoit notamment l’interdiction des pesticides perturbateurs endocriniens (PE). Il s’agit d’une avancée considérable à condition que la définition du PE, et donc les tests réglementaires retenus pour ce faire, tiennent compte des recommandations de la communauté scientifique, et pas seulement des industriels.

Il se confirme qu’un grand nombre de ces produits sont des PE, qui ont une toxicité chronique à des doses très faibles, bien inférieures aux doses journalières admissibles ( DJA) actuelles. Et l’on sait que les industriels  ne veulent pas de réglementation plus stricte sur les pesticides.

Lancé en mars, cet appel est venu opportunément appuyer  la campagne nationale de sensibilisation de la « semaine pour les alternatives aux pesticides ». Il a rapidement trouvé un large écho auprès des médecins limousins, qui sont actuellement plus de 150 à avoir signé solidairement cette déclaration. C’est un premier pas.

Jusqu’à présent, l’appel s’est volontairement limité à notre région, les signataires faisant le constat qu’en Limousin, comme partout ailleurs, l’usage des pesticides est largement répandu et qu’il y a, localement aussi, une campagne de sensibilisation à mener.