24 mai 2013 – la déclaration de Berlaymont

Written by Jos. Posted in 2013, La déclaration de Berlaymont

« The 2013 Berlaymont Declaration on Endocrine Disrupters » – traduction AMLP Limoges.

  

           La déclaration de Berlaymont de 2013 sur les perturbateurs endocriniens

En Juin 2012, la Commission européenne a convoqué/organisé, au sein du complexe Berlaymont à Bruxelles, une conférence à laquelle ont participé des scientifiques du monde entier, des représentants de groupes d’intérêt, et des États membres de l’Union européenne (UE) pour discuter de futures initiatives au sujet de la politique concernant les perturbateurs endocriniens. Cette réunion s’insérait dans une plus large consultation visant à préparer la réglementation de cette catégorie de substances chimiques. Plusieurs groupes d’intérêt ont déjà exprimé leurs positions.

En tant que scientifiques engagés activement dans la recherche sur les perturbateurs endocriniens, nous nous félicitons des initiatives de la Commission européenne. La recherche financée par l’Union européenne (UE ) a contribué à /accrédite l’hypothèse selon laquelle les perturbateurs endocriniens pourraient entraîner des problèmes de santé graves, irréversibles pour l’homme comme pour la faune et la flore. En tant que première zone économique puissante à cibler les perturbateurs endocriniens, l’Union européenne a l’opportunité d’instaurer des normes qui pourront être exemplaires pour les politiques de santé et de protection de l’environnement dans d’autres régions du monde. Nous tenons à exprimer notre point de vue sur ce sujet capital et ainsi demander à la Commission européenne de mettre en œuvre des mesures réglementaires en accord avec les meilleures données scientifiques disponibles.

  1. Nous sommes préoccupés par le fait que la prévalence des maladies endocrines n’a jamais été aussi élevée. Le poids de la morbidité continue à croître dans l’UE et dans le monde.

  2. Les preuves que les facteurs environnementaux, dont l’exposition chimique, jouent un rôle dans ces phénomènes, s’accumulent.

  3. La faune et la flore européennes sont également atteintes et certains effets sont largement répandus.

  4. Les expérimentations animales, et quelques études cliniques, ont montré qu’une exposition à des perturbateurs endocriniens durant les stades de développement peut causer des dommages irréversibles qui ne deviennent apparents que longtemps après cette exposition.

  5. Les méthodes d’analyse agréées sur le plan international ne mettent actuellement en évidence qu’une partie de ces effets et ne sont pas appropriées pour révéler l’étendue des effets des perturbateurs endocriniens (PE).

  6. Les réglementations européennes existantes sont totalement inadéquates pour identifier les PE, quand des méthodes d’analyse validées à l’échelle internationale et disponibles depuis des années, n’ont pas encore été mises en œuvre.

  7. Certaines propositions de réglementation des PE , émises par des Etats membres de l’UE, ne sont pas suffisamment protectrices elles ne tiennent pas compte des meilleures données scientifiques, et placent les intérêts commerciaux au-dessus de la protection des hommes et des autres êtres vivants.

  8. Certains perturbateurs endocriniens ont des propriétés toxicologiques qui rendent caduque la définition d’un seuil au-dessous duquel une exposition peut être considérée comme sans risque.

  9. Il est plausible que les PE causent des dommages sérieux et irréversibles, il est nécessaire de rassembler davantage de données pour mieux évaluer le risque. Cette situation critique ne peut être résolue qu’en développant une stratégie de recherche ciblée sur les PE dans le cadre du programme Horizon 2020. Elle devrait avoir pour objectifs une meilleure évaluation de l’exposition, le développement de méthodes de dosage, et des études sur la santé humaine.

  10. Nous appelons la commission européenne à instaurer un régime de réglementations pour les PE qui soit basé sur des principes scientifiques solides.

Bien que des incertitudes sur l’évaluation des risques persistent, la recherche financée par la Commission européenne a grandement contribué à renforcer l’hypothèse selon laquelle il est plausible que les PE causent des dommages graves et irréversibles. L’incertitude scientifique ne devrait pas retarder l’action réglementaire, et les intérêts commerciaux ne doivent pas prendre le pas sur les préoccupations au sujet des risques liés aux PE.

Notre position se fonde sur les observations scientifiques et les résultats de la recherche suivants, qui ont été exposés plus en détail dans les récents rapports issus de l’agence européenne pour l’environnement, dans un rapport financé par la commission européenne, et dans une évaluation menée sous la houlette de L’organisation Mondiale de la Santé et du programme des Nations Unies pour l’environnement1 :

 

  1. Nous craignons que la prévalence des maladies endocriniennes continue d’augmenter dans l’Union européenne et dans le monde.Ce fait est mal connu du public et largement ignoré par les décideurs politiques des États membres de l’UE.

  • Dans certains États membres de l’UE, de fortes proportions de jeunes hommes ont un sperme de qualité si pauvre que cela va sérieusement affecter leurs chances de concevoir des enfants. En même temps, des malformations congénitales telles que l’hypospadias (malformation du pénis) et la cryptorchidie (absence de descente testiculaire), augmentent ou se stabilisent à des niveaux dangereusement élevés.

             De nombreux États membres n’ont pas accordé d’attention à cette problématique et n’ont pas entrepris de recherche pertinente à ce sujet.

  • On constate une augmentation considérable du nombre de cancers du sein dans les états membres d’Europe du Sud et de l’Est. Dans les pays d’Europe de l’Ouest, où la prévalence du cancer du sein est supérieure, l’incidence augmente plus lentement ou se stabilise à des niveaux nettement supérieurs à ceux d’il y a 30 ans.

  • A l’exception des pays à haute prévalence, comme le Pays-Bas et l’Autriche, tous les pays de l’UE connaissent une forte augmentation des cancers de la prostate. Les mêmes tendances se retrouvent pour d’autres cancers hormono-dépendants, tels que ceux des testicules, de l’endomètre, des ovaires, et de la thyroïde.

  • Les troubles neuro-comportementaux , les pathologies thyroïdiennes, et les troubles du développement cérébral représentent une charge de morbidité pédiatrique importante et croissante dans les pays où ces données ont été enregistrées.

  • La prévalence de l’obésité et de ses facteurs de comorbidité, du diabète de type 2 et du syndrome métabolique, a considérablement augmenté dans presque tous les états membres de l’UE.

  1. Nous reconnaissons que de multiples causes expliquent ces tendances, telles que la nutrition, ou l’âge paternel ou maternel. Cependant, étant donnée la rapidité du rythme auquel ces augmentations se sont produites, les explications basées uniquement sur la génétique, de meilleures diagnostics, ou sur le mode de vie, manquent de plausibilité. Il existe de plus en plus de preuves que les facteurs environnementaux, dont l’exposition chimique, jouent également un rôle dans les évolutions de ces pathologies, mais les produits chimiques concernés sont difficiles à cerner. L’étendue complète des produits chimiques impliqués n’est pas connue, mais on a pu constater certaines associations :

  • La cryptorchidie chez les jeunes garçons a été liée à l’exposition au DES pendant la grossesse, à certains polybromodiphényléthers utilisés comme retardateurs de flamme, et à l’exposition professionnelle aux pesticides.

  • Il a été prouvé qu’une forte exposition aux dioxines polychlorées, certains polychlorobiphényles (PCB) (chez les femmes qui manquent de certaines enzymes de détoxification) et DDE (dans l’enfance) sont des facteurs de risque du cancer du sein.

  • Certaines études ont lié les risques de cancer de la prostate à l’exposition professionnelle aux pesticides (de nature non identifiée), à certains PCB et à l’arsenic.

  • Une neurotoxicité au stade du développement avec un impact négatif sur le développement cérébral a été associée au plomb, au méthylmercure et aux PCB.

  1. La biodiversité des espèces sauvages est en déclin au niveau mondial, et il est plausible que les expositions chimiques jouent un rôle dans ce phénomène. La faune et la flore ont été touchées par les perturbateurs endocriniens, avec des effets négatifs sur la croissance et la reproduction. Certains de ces effets sont très répandus.

  • Les colonies de phoques dans les zones fortement polluées de la mer Baltique et de la Mer du Nord ont été touchées par des pathologies de la reproduction chez les femelles, des lésions osseuses et des problèmes de reproduction qui sont en corrélation avec l’exposition aux polluants organiques persistants, en particulier les PCB. Lorsque l’exposition aux PCB baisse, les populations se rétablissent.

  • La quantité accrue des polluants organiques persistants (POP) chez les goélands bruns Norvège est corrélée au sex-ratio déséquilibré en faveur des poussins femelles. Les goélands en mauvaise santé voient plus de poussins femelles éclore.

  • Un grand nombre d’amphibiens sont fortement menacés de disparition, et il existe des indications selon lesquelles des perturbateurs endocriniens jouent un rôle dans ce phénomène.

  • Au Royaume-Uni surtout, les poissons mâles ont été largement affectés par une augmentation des taux d’une protéine du jaune d’œuf, la vitellogénine, et par l’intersexualité. Cela est attribué à l’exposition aux effluents d’eaux usées qui contiennent des produits chimiques oestrogéniques et anti- androgènes.

  • L’utilisation des tributylétain et triphénylétain comme anti- salissures sur les coques de navires a déclenché l’effondrement des populations d’huîtres et des espèces d’escargots commercialement importantes. La réduction des expositions a conduit à un rétablissement de ces populations.

  1. De multiples études de laboratoire et des études cliniques ont montré qu’une interférence hormonale pendant les périodes critiques du développement peut entraîner des effets irréversibles et différés qui ne deviennent visibles que tardivement. Ces perspectives mettent en évidence la nécessité de se concentrer sur une étude des expositions pendant des fenêtres de sensibilité accrue, couplée à l’évaluation de l’ensemble des effets indésirables tardifs. Il existe un danger que des risques importants soient négligés si les analyses sont effectuées en dehors de ces périodes.

  • Des expériences sur des rongeurs ont montré que certains dicarboximides, imidazolés et pesticides azolés peuvent interférer avec l’action des androgènes pendant la vie in utero lors de la différenciation sexuelle masculine. Certains des effets ne se manifestent qu’à l’âge adulte et sont irréversibles ; il s’agit notamment de malformations des organes reproducteurs. L’exposition à ces produits chimiques pendant la vie adulte n’induit pas de tels effets.

  • Des études épidémiologiques montrent que l’exposition périnatale à la dioxine (TCDD) a un impact négatif sur la qualité du sperme. Une exposition pendant la puberté produit l’effet inverse, alors qu’une exposition à l’âge adulte n’a aucune influence sur la qualité du sperme.

  • Une exposition périnatale des rongeurs à l’estradiol et aux substances oestrogéniques les expose à des perturbations du système de signalisation cérébral déclenchant la puberté. L’exposition à d’autres étapes de la vie ne produit pas cet effet.

  • Le développement de l’appareil reproducteur féminin est programmé durant la vie fœtale et peut être perturbé à ce stade par des produits chimiques tels que le DES, pouvant entraîner des malformations.

  • Pendant la vie in utero, les hormones thyroïdiennes sont essentielles à de nombreuses étapes du développement, dont le développement cérébral et le développement du système neuro- endocrinien. La perturbation de l’activité thyroïdienne par une exposition à des produits chimiques, à ce stade du développement, peut avoir des effets néfastes et irréversibles.

  1. Les méthodes d’analyse pour l’identification des perturbateurs endocriniens agréées et validées internationalement (OCDE) ne tiennent compte que d’une partie de la gamme connue des effets perturbateurs endocriniens, et sont principalement axées sur l’estrogénicité, (anti) androgénicité et les dysthyroïdies («EAT»). D’autres aspects du système endocrinien ne sont pas pris en compte, mais il est clair que la complexité du système endocrinien ne peut être réduite à ces trois aspects (EAT, ce qui introduit des incertitudes considérables, accroissant le risque de négliger des effets nocifs sur l’homme et l’animal sauvage.

  • Pour de nombreux effets perturbateurs endocriniens, il n’existe pas de méthode d’analyse reconnue et validée internationalement, bien que les outils scientifiques et les méthodes de laboratoire soient disponibles.

  • Pour un large panel d’effets cliniques, il n’existe aucun modèle de laboratoire effectif, ce qui ralentit considérablement les progrès pour comprendre l’étendue des risques liés à ces substances.

  1. D’importants pans de la réglementation européenne sur les produits chimiques sont complètement insuffisants pour saisir les effets des perturbateurs endocriniens. Même les systèmes d’analyse validés et bien établis au niveau international, disponibles depuis plus d’une décennie, n’ont pas été mis en œuvre. Toutes les mesures visant à protéger les humains ainsi que la faune et flore sauvages des perturbateurs endocriniens seront inefficaces si les exigences d’analyse ne sont pas mises à jour pour intégrer l’analyse de ces perturbateurs endocriniens.

  • Les exigences actuelles en matière d’analyse et d’information définies pour les produits chimiques industriels et commerciaux (REACH) et pour les produits phytopharmaceutiques ( PPPR) ne sont pas tournées vers une identification des perturbateurs endocriniens. Les règlements et directives concernés (par exemple, 544/2011 et 545/2011 ) nécessitent une mise à jour urgente afin d’inclure les meilleures données scientifiques disponibles.

  • Les analyses basées sur les paramètres les plus sensibles et les plus pertinents, et sur les schémas d’exposition qui couvrent des périodes de sensibilité accrue au cours du développement, ne sont pas encore obligatoires. En conséquence, de nombreux perturbateurs endocriniens ne sont pas identifiés.

  1. Les propositions de certains États membres de l’UE pour la réglementation des pesticides perturbateurs endocriniens ne respectent pas les principes scientifiques éprouvés et ne sont pas suffisamment protectrices. En réglementant le moins de perturbateurs endocriniens possible, elles placent les intérêts commerciaux au-dessus de la protection de la santé humaine et de la faune et flore.

  • Pour classifier les pesticides en fonction de leur potentiel de perturbation endocrinienne, ces propositions se basent sur des valeurs seuils fondées sur leur puissance. Nous craignons que ces valeurs soient surévaluées, ce qui pourrait engendrer le risque que pratiquement aucune substance ne soit intégrée dans la catégorie des perturbateurs endocriniens selon les termes de la réglementation, affaiblissant ainsi la portée de la loi.

  • Compte tenu de la probabilité d’interactions consécutives à l’exposition à de nombreux perturbateurs endocriniens au profil d’effets similaire, même les perturbateurs endocriniens considérés comme faiblement puissants sont préoccupants parce qu’ils peuvent potentialiser les effets des autres.

  1. Nous craignons qu’on ait accordé trop peu d’attention au sujet des effets dits à faible dose ; il est en effet possible que de nombreux perturbateurs endocriniens puissent agir sans valeur seuil du fait d’expositions internes préalables aux hormones naturelles et, dans le cas des expositions de fond, du fait d’exposition à des substances aux effets similaires.

  • Dans de telles situations, les perturbateurs endocriniens entrant dans un système biologique s’additionneront à la charge interne, sans avoir à dépasser une dose seuil. Cela est particulièrement vrai pour les substances oestrogéniques et pour les substances chimiques ayant des effets similaires aux dioxines.

  • Il est plausible que ces types de perturbateurs endocriniens agissent indépendamment des seuils, comme on pourrait s’y attendre, comme par exemple pour les cancérogènes génotoxiques. Cela devrait être pris en compte lors de la révision de REACH qui est en cours.

  1. Dans un avenir proche, les activités réglementaires sur les perturbateurs endocriniens auront à gérer la distension existant entre la plausibilité de dommages graves et irréversibles, et les retards dans la production des données indispensables à l’évaluation globale des risques. Cette tension ne peut être résolue que par la promotion de recherches supplémentaires sur les perturbateurs endocriniens. Nous appelons la Commission européenne à mettre en œuvre dans le cadre d’Horizon 2020 un programme de recherche ciblé sur les perturbateurs endocriniens mettant l’accent sur les points suivants:

  • L’évaluation de l’exposition et de l’identification des substances ayant des propriétés perturbatrices endocriniennes : Il y a un grave déséquilibre entre les quelques substances bien documentées et le grand nombre de produits chimiques commercialisés, dont les effets perturbateurs endocriniens ont été peu voire pas du tout étudiés.

  • Malgré des années de recherche sur les perturbateurs endocriniens, la gamme complète des produits chimiques potentiellement impliqués dans des maladies endocriniennes et dans des effets sur le vivant est inconnue. On ne peut sortir de cette impasse que par des stratégies de recherche spécialisées s’appuyant sur les progrès récents réalisés dans le domaine des technologies d’analyse chimique objectives.

  • Le développement des tests: d’importants aspects de la perturbation endocrinienne ne peuvent pas être analysés, parce qu’il n’existe aucun modèle de laboratoire ni critères d’évaluation adaptés. Ceci est particulièrement vrai dans les domaines de la carcinogénèse hormonale, de la santé reproductive féminine, du syndrome métabolique, de l’obésité, et des effets neuro- endocriniens. Pour de nombreuses branches et espèces sauvages, il n’existe pas de méthodes d’analyse et d’évaluation, et il est nécessaire de développer la recherche fondamentale sur le système endocrinien de nombreuses espèces d’invertébrés. Il est indispensable de faire des efforts de recherche et de développement concertés pour combler ces lacunes.

  • La recherche pour promouvoir de meilleures études cliniques : dans l’avenir proche, en raison de l’absence de modèles de laboratoire pertinents pour de nombreux effets sur la santé, la recherche sur les perturbateurs endocriniens devra s’appuyer sur des études épidémiologiques. Mais l’épidémiologie humaine est confrontée à des difficultés considérables lorsque l’on tente de mettre en évidence les risques pour la santé pouvant résulter des perturbateurs endocriniens. Les complications proviennent principalement du décalage temporel entre le déclenchement de la maladie et le diagnostic de ses effets sur la santé, de l’absence de méthodologie pour gérer l’exposition multiple aux substances chimiques, et du manque d’informations sur la gamme complète des produits chimiques potentiellement impliqués. Les tissus prélevés dans de nombreuses cohortes existantes ne sont pas utilisés dans l’optique de déterminer des expositions aux perturbateurs endocriniens pertinents, ni dans celle d’évaluer les expositions au cours des étapes critiques de la vie. Ce problème ne peut être résolu que par l’allocation de ressources dédiées à lancer de nouvelles cohortes avec des stratégies d’analyse chimique soigneusement planifiées et des hypothèses claires.

  1. Nous demandons à la Commission européenne d’instituer un régime de réglementations concernant les perturbateurs endocriniens basé sur des principes scientifiques solides. Bien que des incertitudes demeurent, la recherche financée par la Commission européenne a grandement contribué à / accrédite l’hypothèse que des dommages graves et irréversibles émanent plausiblement des perturbateurs endocriniens. En conséquence l’incertitude scientifique ne devrait pas retarder l’entreprise réglementaire. Les intérêts commerciaux ne doivent pas prendre le pas sur les préoccupations concernant les risques associés aux perturbateurs endocriniens. Plus précisément, nous demandons à la Commission européenne :

  • d’instituer un régime de réglementation qui classe les perturbateurs endocriniens selon les niveaux de preuve scientifique. Les approches se basant sur des valeurs seuil selon la puissance sont scientifiquement indéfendables et sont trop stéréotypées pour tenir compte des subtilités nécessaires à des décisions solidement fondées scientifiquement.

  • de mettre à jour les exigences des tests de substances chimiques des réglementations REACH, PPPR et Biocide, afin d’inclure les effets perturbateurs endocriniens. La réglementation des perturbateurs endocriniens échouera si ces mesures ne sont pas prises.

  • d’élaborer une stratégie de recherche ciblée pour les perturbateurs endocriniens dans le cadre d’Horizon 2020. Cette stratégie devrait viser à combler les lacunes laissées par les précédents efforts, à savoir l’évaluation de l’exposition, le développement de méthodes de dosage et de meilleures études cliniques.

 

Signataires au 11 septembre 2013 

Aennes Abbas,  Johann Wolfgang Goethe University, Frankfurt, Germany

Dr Lutz Ahrens, Swedish Agricultural University, Uppsala, Sweden

Dr Anna Maria Andersson,  University Dept of Growth and Reproduction, Rigshospitalet, Copenhagen, Denmark

Prof Patrik Andersson,  Umea University, Sweden

Dr Ricardo Barra,  University of Concepcion, Chile

Prof Bert van Bavel,  Orebro University, Sweden

Dr Alice Baynes,  Brunel University, London, United Kingdom

Prof Georg Becher,  Norwegian Institute of Public Health, Oslo, Norway

Prof Martin van den Berg,  Utrecht University, Utrecht, The Netherlands

Prof Ake Bergman,  Stockholm University, Stockholm, Sweden

Anna Beronius,  Karolinska Institute, Stockholm, Sweden

Prof Bruce Blumberg,  University of California at Irvine, Irvine, USA

Daniel Borg,  Karolinska Institute, Stockholm, Sweden

Prof Carl-Gustaf Bornehag,  Karlstad University, Karlstad, Sweden

Prof Riana Bornman,  University of Pretoria, South Africa

Dr Magnus Breitholz,  Stockholm University, Stockholm, Sweden

Prof Alex Burdorf,  Erasmus Medical Centre, Rotterdam, The Netherlands

Dr Miriam Diamond,  Toronto University, Canada

Dr Marjorie van Duursen,  Utrecht University, Utrecht, The Netherlands

Dr Sibylle Ermler,  Brunel University, London, United Kingdom

Dr Michael Faust,  F+B Environmental Consulting, Bremen, Germany

Dr Vincente Felipo,  Research Centre Principe Felipe, Valencia, Spain

Dr Mariana Fernandez,  University of Granada, Granada, Spain

Jane Firth, LGC Standards, Teddington, United Kingdom

Prof Bernd Fischer,  Martin Luther University, Halle, Germany

Prof Paul Fowler,  University of Aberdeen, United Kingdom

Dr Hanne Frederiksen,  University Dept of Growth and Reproduction, Rigshospitalet, Copenhagen, Denmark

Dr Heloise Frouin, Fisheries and Oceans, Life Oceans Institute, Sidney, Canada

David Gee,  Senior Advisor, European Environment Agency, Copenhagen

Prof Helen Håkansson,  Karolinska Institute, Stockholm, Sweden

Prof Ulla Hass,  National Food Institute, Danish Technical University, Copenhagen, Denmark

Prof Elizabeth Hill University of Sussex, Brighton, United Kingdom

Prof Taisen Iguchi,  National Institute for Basic Biology, Okazaki, Japan

Prof Kristina Jakobsson,  Lund University, Sweden

Prof Bernard Jegou,  INSERM, Rennes University, France

Prof Susan Jobling,  Brunel University, London, United Kingdom

Prof Andrew Johnson,  Centre for Ecology and Hydrology, Wallingford, United Kingdom

Dr Bernt Jones,  Swedish Agricultural University, Uppsala, Sweden

Dr Marion Junghans,  as a private person

Prof Anders Juul,  University Dept of Growth and Reproduction, Rigshospitalet, Copenhagen, Denmark

Prof Rakesh Kanda,  Brunel University, London, United Kingdom

Dr Ioanna Katsiadaki,  CEFAS Weymouth Laboratory, Weymouth, United Kingdom

Prof Karen A Kidd,  University of New Brunswick, Canada

Prof Thomas Klonisch,  University of Manitoba, Winnipeg, Canada

Prof Andreas Kortenkamp,  Brunel University, London, United Kingdom

Prof Vincent Laudet,  Ecole Normale Superieure, Lyon, France

Prof Juliette Legler,  Free University, Amsterdam, The Netherlands

Prof Walter Lichtensteiger,  GreenTox and University of Zurich, Switzerland

Prof Monica Lind,  Umea University, Umea, Sweden

Dr Rainer Lohmann,  University of Rhode Island, Narragansett, USA

Dr Mirek Machala,  Veterinary Research Institute, Brno, Czech Republic

Dr Olwenn Martin,  Brunel University, London, United Kingdom

Dr. Piedad Martin-Olmedo,  Escuela Andaluza de Salud Pública, Granada, Spain

Prof Jesus del Mazo,  Biological Research Centre (CSIC), Madrid, Spain

Prof Sverker Molander,  Chalmers University, Goeteborg, Sweden

Dr Jane Muncke,  FP Forum, Zurich, Switzerland

Prof Angel Nadal,  Miguel Hernanadez University, Elcha (Alicante), Spain

Dr Christine Nellemann,  Head of Division, National Food Institute, Danish Technical University, Copenhagen, Denmark

Prof Leif Norrgren,  Swedish Agricultural University, Uppsala, Sweden

Prof Nicolas Olea,  University of Granada, Spain

Prof Agneta Oskarsson,  Swedish Agricultural University, Uppsala, Sweden

Prof Roberta Pastorelli,  Pharmacology Research Institute, Mario Negri, Milan, Italy

Prof Miquel Porta,  Autonomous University of Barcelona, Barcelona, Spain

Dr Tom Pottinger,  Centre for Ecology and Hydrology, Lancaster, United Kingdom

Prof Anna Riquell,  Hydbom Lund University, Sweden

Dr Per Roos Karolinska Institute, Stockholm, Sweden

Prof Eric Ropstad,  Norwegian School of Veterinary Sciences, Oslo, Norway

Dr Edwin Routledge,  Brunel University, London, United Kingdom

Prof Christina Ruden,  Stockholm University, Stockholm, Sweden

Prof Yanling Qiu,  Tongji University, China

Prof Margret Schlumpf,  GreenTox and University of Zurich, Switzerland

Prof Heqing Shen,  Institute of Urban Environment, Chinese Academy of Sciences, China

Dr Elisabete Silva,  Brunel University, United Kingdom

Prof Niels E Skakkebaek,  University Dept of Growth and Reproduction, Rigshospitalet, Copenhagen, Denmark

Prof Olle Sőder,  Karolinska Institute at Karolinska University Hospital, Stockholm, Sweden

Prof Carlos Sonnenschein,  Tufts University, Boston, USA

Prof Ana Soto,  Tufts University, Boston, USA

Dr Kugathas Subramaniam,  Brunel University, London, United Kingdom

Prof Shanna Swan,  School of Medicine at Mount Sinai, New York, USA

Prof Margareta Tornqvist,  Stockholm University, Stockholm, Sweden

Prof Jorma Toppari,  University of Turku, Finland

Prof Charles Tyler,  University of Exeter, United Kingdom

Prof Anne Marie Vinggaard,  National Food Institute, Danish Technical University, Copenhagen, Denmark

Dr Martin Wagner,  Johann Wolfgang Goethe University, Frankfurt, Germany

Prof Karin Wiberg,  Swedish Agricultural University, Uppsala, Sweden

Prof Cynthia de Wit,  Stockholm University, Stockholm, Sweden

Dr Leticia Yanez,  Estrada Medical Faculty, University of Mexico, Mexico

Prof Daqiang Yiu,  Tongji University, China

Prof R Thomas Zoeller,  University of Massachusetts, USA

 

 Les affiliations sont mentionnées à des fins d’identification seulement. Tous les signataires ont signé en leur nom propre.

1. European Environment Agency (2012) The impacts of endocrine disrupters on wildlife, people and their environment – the Weybridge +15 report.http://www.eea.europa.eu/publications/the-impacts-of-endocrine-disruptersKortenkamp A, Martin, O, Faust M, Evans R, McKinlay R, Orton F, Rosivatz E (2012) State of the art assessment of endocrine disrupters. DG Environment project contract number 070307/2009/550687/SER/D3.http://ec.europa.eu/environment/endocrine/documents/4_SOTA%20EDC%20Final%20Report%20V3%206%20Feb%2012.pdfUNEP WHO (2013) State of the science of endocrine disrupting chemicals –2012 (Editors: Bergman A, Heindel JJ, Jobling S, Kidd KA, Zoeller RT. Http://www.unep.org/hazardoussubstances/Portals/9/EDC/StateOfEDCScience.pdf